Bénin: un ancien porte-parole du président Boni Yayi condamné pour offense au chef de l'Etat

Lionel Agbo, ancien porte-parole du président béninois Boni Yayi, avait déclaré en septembre dernier, lors d'une conférence de presse, que le président comptait s'accrocher au pouvoir au-delà des deux mandats prévus par la Constitution et que son entourage était corrompu. Pour ces propos, il a été condamné le 23 janvier à six mois de prison ferme et à une amende de 500 000 francs CFA (762 euros). Une première au Bénin. Lionel Agbo, qui a échappé à ses gardes le jour du verdict, est aujourd'hui en cavale

 

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Depuis la conférence nationale de 1990, qui a marqué un nouveau départ dans la vie démocratique du pays, aucun Béninois n'avait été condamné pour offense au chef de l'Etat. Que reproche-t-on précisément à Lionel Agbo ? En septembre dernier, lors d'une conférence de presse, l'ancien porte-parole du président béninois avait déclaré : « Dans ce palais (présidentiel) que je connais, il y a des hommes et des femmes qui ont fait fortune. Un petit groupe est devenu milliardaire et le chef de l'Etat sait que je sais qu'il sait... »

C'est pour avoir tenu ces propos que Lionel Agbo a été condamné le 23 janvier à six mois de prison ferme, avec un mandat d'amener. Mais Lionel Agbo a échappé à la vigilance de ses gardes à l'issue de l'audience.

 Il est aujourd'hui activement recherché dans tout le pays. Dans ce dossier, il faut également rappeler que la semaine dernière, Berthe Cakpossa, la directrice de la chaîne de télévision privée Canal 3, a été condamnée à trois mois de prison ferme, toujours pour offense au chef de l'Etat. Sa faute : avoir diffusé l'intégralité des propos reprochés à Lionel Agbo.

 Une dérive fermement dénoncée par la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Pour cette organisation basée à Bruxelles, c'est un recul. Un coup pour la liberté dont le Bénin était jusque là l'un des champions en Afrique, selon la FIJ.

Par RFI

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