Un siècle après, François Hollande lance les commémorations de la Grande Guerre

François Hollande lance ce jeudi 7 novembre à l’Elysée l’année du centenaire de la Première guerre mondiale. Quatre grandes cérémonies sont prévues l’an prochain et des centaines de projets développés dans nombre de départements de France.

hollande-5.jpgLe président François Hollande lors des commémorations du 11 Novembre 2012. REUTERS/Philippe Wojazer

Depuis 2010, l’Etat a mis les petits plats dans les grands pour commémorer comme il se doit cet évènement. Une mission a été chargée des préparatifs, une structure composée d’historiens qui a notamment attribué à un millier de projets le label officiel du centenaire. Villes, villages, établissements culturels se sont ainsi mobilisés pour commémorer cet évènement. Il faut dire que le souvenir de la Grande guerre reste une blessure profonde dans l’imaginaire collectif. «Avec 8 millions de soldats mobilisés, 1,4 millions de morts, avec un monument aux morts dans chaque commune de France, il y a un évènement, un lien qui relie chaque français aujourd’hui à cet évènement 14-18 et dont la mémoire aujourd’hui est encore très puissante, explique Joseph Zimet, le directeur général de la Mission du centenaire. Il y a également sans doute le souvenir de cette très très grande épreuve qu’a été la Grande guerre pour la société française et pour les individus, c’est une mémoire très unie ».

2014, une année que François Hollande veut marquante

« La Première Guerre mondiale fut une épreuve partagée par toute la Nation », a écrit François Hollande. Le chef de l’Etat qui s’est, dit-on, très investi sur ce dossier. Chose assez rare, il a lui-même animé deux réunions à l’Elysée sur le sujet. Il a également déjeuné à plusieurs reprises avec des historiens. Car le président, que l’on dit féru d’histoire, veut faire de cette année 2014, un moment marquant de son quinquennat.

Premiere étape, ce jeudi après-midi à l’Elysée. «Le président va à la fois prononcer un grand discours d’ouverture, de mise en perspective des enjeux du centenaire, analyse Joseph Zimet, et il présentera à cette occasion le programme de cette année d’ouverture du centenaire. Les commémorations ont une vocation dans la cité qui sont celles de réunir les citoyens autour d’un moment de recueillement, d’introspection, de réflexion et c’est aux politiques d’en donner le ton». 14-18, un passé commun Dans son discours, le président va parler ce jeudi des valeurs de la Nation et de la République à un moment où le pays est au bord de la crise de nerfs. Le soulèvement des Bonnets rouges en Bretagne et la montée du populisme en sont deux illustrations. La France apparaît fortement divisée. François Hollande veut donc prendre de la hauteur. Son objectif : rassembler les Français autour de ce passé commun. Question : peut-il alors espérer redorer son image grâce à ce discours et plus largement grâce cette année de commémoration ? Le député socialiste Christian Paul n’en est pas convaincu : «Les Français sont attentifs à ce que le chef de l’Etat sache parler de l’histoire de la France, du récit national comme on dit. Mais ils le jugeront avant tout à ces résultats en matière économique et sociale, dans la capacité que nous aurons collectivement avec la majorité à redresser le pays».

Commémorations et communication

Pour Denis Pingaud, conseiller en Stratégie de communication, le président peut espérer, dans les premiers temps, glaner quelques points dans les sondages grâce à cette année du centenaire, mais guère plus. Sur ce dossier, sa stratégie de communication pourrait même se retourner contre lui. «La seule question qu’on peut se poser, c’est de savoir si cette stratégie qui vise donc à prendre de la hauteur et en quelque sorte de la distance, ne risque pas de "cornériser" en quelque sorte le président sur des sujets trop lointains, trop consensuels, avance Denis Pingaud, et ne risque pas de confirmer le sentiment que l’opinion a aujourd’hui et qui est que le président n’est pas toujours dans l’action et dans la capacité de faire».

A écouter cet enseignant à Sciences-Politiques, auteur d’un livre récent sur la communication de François Hollande (1), les conseillers du président n’ont donc pas intérêt à placer trop d’espoir dans cette année de commémoration. Une année dont le premier temps fort aura lieu lundi prochain à Oyonnax. En ce 11 novembre 2013, dans cette ville du département de l'Ain, François Hollande évoquera à la fois les cent ans de la première guerre mondiale et les 70 ans de la Libération. «Ce croisement des mémoires est inscrit dans l'histoire même de ce lieu», explique-t-on à l'Elysée.

Par Pierre Firtion

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