Les premiers pas en Chine du président Hollande

Le chef de l'État, entouré d'une armée de ministres et d'hommes d'affaires, est reçu jeudi à Pékin par les nouveaux dirigeants chinois.

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Le retournement est complet. Critiqué pendant la campagne électorale pour n'être jamais venu en Chine, François Hollande est depuis jeudi matin le premier chef d'État occidental reçu à Pékin par les nouveaux dirigeants de la deuxième puissance économique mondiale.

Accompagné par une importante délégation de ministres et d'hommes d'affaires, François Hollande est arrivé au matin dans la capitale chinoise, première étape d'un voyage présidentiel de deux jours en Chine qui l'amènera vendredi à Shanghai. Au cours de ce séjour de trente-sept heures, le président français, au plus bas dans les sondages à la suite de la crise politique provoquée en France par l'affaire Cahuzac, sera reçu à trois reprises par le nouveau président chinois Xi Jinping, officiellement intronisé en mars à la tête du pays. François Hollande rencontrera également le Premier ministre chinois Li Keqiang, ainsi que le président de l'Assemblée nationale populaire Zhang Dejiang.

Partenariats

Ce voyage, le premier de François Hollande en Asie depuis son élection à l'Élysée le 6 mai 2012, intervient dans un contexte international tendu, notamment autour de la péninsule coréenne, tandis que le ralentissement de la croissance économique en Europe continue de peser sur les exportations chinoises. Un an avant le cinquantième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques, Paris comme Pékin attendent beaucoup de ce voyage "intense", selon le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, qui s'était rendu en Chine il y a une dizaine de jours pour finaliser les derniers préparatifs.

Du côté français, François Hollande espère compléter les "partenariats structurants" qui existent depuis longtemps dans le nucléaire ou l'aéronautique par une série d'accords de coopération économique dans des secteurs nouveaux, sur lesquels les PME hexagonales ont une carte à jouer : santé, agroalimentaire et développement urbain. Une autre priorité pour Paris est la résorption du déficit commercial entre la France et la Chine qui a atteint 26 milliards d'euros en 2012. Un déficit qui doit être "rééquilibré par le haut", estime l'Élysée, en augmentant les exportations françaises vers la Chine. Mais cette stratégie, qui a fait le succès des entreprises allemandes en Chine, nécessite préalablement d'aborder la question épineuse de la sous-évaluation du yuan, la monnaie chinoise.

L'ombre de Merkel Habituée aux visites très fréquentes de Nicolas Sarkozy, la Chine, de son côté, espère nouer un contact direct avec le nouveau président français. À la tête du pays, on commençait en effet à trouver que la France tardait à prendre le chemin de Pékin, malgré les visites récentes de plusieurs ministres et personnalités politiques françaises. À la mi-janvier, le ministre de l'Économie Pierre Moscovici avait ouvert le bal en venant à Pékin, suivi ensuite de Martine Aubry, représentante spéciale du Quai d'Orsay pour la Chine. Tous deux feront partie du voyage présidentiel, auquel participeront également six autres ministres et la quasi-totalité des grands patrons du CAC 40. Mais une fois n'est pas coutume, c'est sans doute l'ombre d'Angela Merkel qui risque de planer sur la visite présidentielle de François Hollande.

Accueillie comme une star à chacun de ses déplacements par ses homologues chinois, la chancelière allemande est venue à six reprises en Chine au cours des six dernières années, dont deux fois en 2012. Des visites longues à Pékin, à Shanghai, mais aussi dans les provinces intérieures chinoises qui ont permis aux deux géants exportateurs de nouer des relations économiques privilégiées. Reste à voir maintenant si François Hollande s'inspirera à son tour de la chancelière allemande...

AFP

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