Le candidat décédé de Koh-Lanta avait une maladie du cœur

gerard-babin-koh-lanta.jpg

Après les révélations de la justice indiquant que le candidat avait une pathologie au cœur, diverses questions se posent sur le mode de sélection des candidats pour ce genre d'émission de télé réalité.

Avant de partir au Cambodge pour le tournage, tous ont subi des examens médicaux. Ont-ils été suffisants ? Diverses questions se posent, après le résultat d'autopsie révélant que le candidat de Koh-Lanta, Gérald Babin, décédé le 22 mars dernier au premier jour des épreuves, avait une pathologie au cœur.

Ainsi, dans un communiqué, le parquet de Créteil en charge de l'affaire, évoque ce vendredi «une défaillance cardiaque sur cardiopathie dilatée», une pathologie qui peut être congénitale ou bien «acquise» à la suite d'une infection.

Avec ces nouvelles révélations, l'intérêt de l'affaire se porte notamment aujourd'hui, sur les examens qui ont précédé le départ des candidats. Tous les moyens ont-ils été réunis pour vérifier l'état de santé des candidats soumis lors du tournage à des conditions de vie éprouvantes comme le veut le principe de l'émission?

Prise de sang et électrocardiogramme

Or on sait qu'avant de quitter la France pour rejoindre l'île de Koh Rong? au Cambodge, lieu du tournage, les candidats de l'émission phare de TF1 ont été soumis à des examens médicaux organisés par la maison de production ALP (Adventure Line Productions). Prise de sang et électrocardiogramme étaient au programme.

«Ces examens ont été menés par un médecin du sport qui a suivi le protocole habituel pour évaluer la santé de chacun dont celle de Gérald Babin, qui, doit-on le rappeler, était dans la force de l'âge: 25 ans», indique Me Pierre-Olivier Sur, conseil d'ALP et qui précise: «Ce médecin du sport est même allé plus loin. Il a fait passer un électrocardiogramme après un test de natation, sachant qu'il y aurait par la suite sur l'île ce genre d'épreuve.»

Selon l'AFP, la maison de production assure que l'électrocardiogramme passé par le jeune candidat ne montrait «pas d'anomalie détectable». Est-ce possible? Interrogé par Le Figaro, le professeur Jacques Beaune, de la fédération française de cardiologie, indique que cette maladie qui évolue dans le temps peut ne pas toujours être détectée. «Elle est décelable en moyenne une fois sur deux par le biais d'un électrocardiogramme. Elle est en général visible par le biais d'une échocardiographie sauf si la maladie est débutante», dit-il.

L'enquête dira s'il y a eu erreur ou non. Mais quoi qu'il en soit, faudrait-il, à la lumière de cette affaire, reconsidérer les examens médicaux pour ce type d'émission de télé réalité? Pour examiner leur encadrement médical, Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF), rencontrera vendredi prochain, Nonce Paolini le Pdg de TF1 qui a du coup annulé Koh-Lanta pour la saison 2013. «Il faut éviter que ce genre de drame se reproduise», indique Patrick Pelloux, touché aussi par le suicide du médecin urgentiste sur l'Île. Ne supportant pas d'avoir été mis en cause dans la mort de Gérald Babin, Thierry Costa, le médecin du jeu, s'est donné la mort dimanche dernier.

Ce n'est pas la fin de l'enquête

Ces révélations du parquet sur les fragilités du jeune homme, ne sonnent pas la fin de l'enquête ouverte pour homicide involontaire. «Les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes dans lesquelles le malaise fatal de M. Babin s'est produit et les conditions de sa prise en charge médicale», indique vendredi le parquet de Créteil. D'après les professionnels de la santé, la «cardiopathie dilatée» peut entraîner une mort subite. Mais ce ne fut pas le cas pour Gérald Babin comme le révéleraient les scènes filmées par 10 caméras et depuis remises à l'OCRVP, l'Office central pour la répression des violences aux personnes), en charge des investigations.

Le 22 mars et alors qu'il réalisait un exercice physique -un tir à la corde- avec d'autres candidats, Gérald Babin a été victime d'un premier malaise. À 13h01. Deux minutes après la fin du jeu intervenant à 13h05, le médecin urgentiste était aux côtés du candidat. Estimant que ce dernier était déshydraté, Thierry Costa l'a fait boire, le mettant aussi sous perfusion pour lui administrer glucose et sodium.

Des soins prodigués jusqu'à 14h43. Puis, la victime devait être conduite par bateau jusqu'à l'infirmerie. «Jusqu'alors, Gérald Babin était en pleine conscience», insiste Me Sur. C'est à 15h49, qu'est intervenu un premier arrêt cardiaque. Gérald Babin a alors été évacué par hélicoptère. Le décollage a eu lieu à 16h08. Mais le jeune homme est décédé par la suite à l'hôpital vers 17h.

Selon le professeur Beaune, la déshydratation avec perte de sodium et de potassium dans le sang, peut-être fatale à un sujet dont le cœur est malade. Le parquet Créteil a, par ailleurs, fait savoir vendredi qu'aucune trace d'anabolisants ou de «substance médicamenteuse toxique ou stupéfiante» n'a été relevée dans le corps de Gérald Babin.

lefigaro.fr

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau