Jean-Marie Le Pen a-t-il planqué des millions en Suisse ?

Mediapart publie des documents ciblant le compte suisse ouvert par le trésorier de campagne du président d'honneur du FN. Un emprunt, selon Le Pen.

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Le Point.fr (avec Reuters) Le trésorier de campagne de Jean-Marie Le Pen a utilisé les services de plusieurs sociétés offshore dans les années 1990, écrit mercredi Mediapart. L'éditeur Jean-Pierre Mouchard, ancien trésorier du micro-parti Cotelec, proche du Front national, avait déjà ouvert un compte à UBS (Union des banques suisses) pour Jean-Marie Le Pen, en mars 1981, ajoute le site d'information. Un compte dont Jean-Marie Le Pen nie "purement et simplement l'existence".

Selon Mediapart, Jean-Pierre Mouchard a ouvert un compte à la banque suisse UBS pour Jean-Marie Le Pen. Le site d'information s'appuie en partie sur des documents déjà diffusés par L'Événement du jeudi, hebdomadaire aujourd'hui disparu, et qu'il publie sur son site. La signature de Jean-Marie Le Men figure sur le document présenté comme celui de l'ouverture du compte UBS. Jean-Pierre Mouchard apparaît dans un premier temps comme le titulaire du compte, et Jean-Marie Le Pen comme son représentant. Quelques mois plus tard, dans un second document, Jean-Pierre Mouchard déclare "agir pour le compte de M. Le Pen".

Dépôt de deux millions de francs

Interrogé par Mediapart, Jean-Marie Le Pen explique que cette création de compte serait liée à un emprunt contracté par sa société d'édition de disques, la Serp : "La Serp a contracté un emprunt, je ne me souviens plus en quelle année, tout cela s'est fait dans le cadre de la loi, avec intervention des autorités françaises." Interrogée par Mediapart, la présidente du Front national, Marine Le Pen, justifie elle aussi l'ouverture du compte suisse par un "emprunt souscrit à UBS".

Pourtant, d'autres documents tendent à montrer que deux millions de francs environ ont été déposés sur le compte 386.047.00.W entre juin 1984 et avril 1986, sous la forme de placements fiduciaires, ce qui contredirait l'idée d'un emprunt. "Non, il n'y avait pas deux millions de francs, rétorque Jean-Marie Le Pen. La Serp s'est servie de cet emprunt et l'a remboursé dans les années qui ont suivi", a-t-il assuré.

Enfin, selon d'autres documents diffusés par Mediapart, Jean-Pierre Mouchard a opéré dans les années 1990 des virements internationaux à travers une société offshore, Overseas Property Services Limited, à Gibraltar, pour renflouer l'une de ses maisons d'édition françaises, Magellan. C'est la société fiduciaire Isola et Isola, également située à Gibraltar, qui gère les opérations de l'éditeur liées à Overseas Property Services Ltd, mais aussi celles liées à la société panaméenne Hadret Al-Raiss, dont Jean-Pierre Mouchard est actionnaire, ajoute le site.

Fraude au fisc

La première femme du dirigeant du FN, Pierrette Le Pen, avait accusé en 1997 son ancien mari d'avoir fraudé le fisc, évoquant une fortune cachée dans plusieurs banques suisses, ce que Jean-Marie Le Pen avait démenti. Après avoir révélé que l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac détenait un compte à l'étranger, Mediapart lance une charge contre le fondateur du FN et embarrasse sa fille, qui se voulait irréprochable en pleine affaire Cahuzac. Le Monde avait déjà révélé la semaine dernière qu'un ex-avocat, conseiller de Marine Le Pen, avait aidé l'ex-ministre du Budget socialiste Jérôme Cahuzac à ouvrir son compte en Suisse.

Reuters

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Date de dernière mise à jour : 11/04/2013