François Fillon : objectif 2017, envers et contre tout

L'ex-Premier ministre a indiqué jeudi à Tokyo qu'il serait candidat, "quoi qu'il arrive", à la primaire de la droite pour la présidentielle 2017.

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François Fillon a déclaré jeudi qu'il serait candidat "quoi qu'il arrive" à la primaire de la droite pour l'élection présidentielle 2017, au moment où les fidèles de Nicolas Sarkozy multiplient les confidences sur l'envie de retour dans l'arène politique de l'ancien président. L'ex-Premier ministre s'exprimait depuis Tokyo, où il a été décoré par l'empereur Akihito du grand cordon de l'Ordre du Soleil levant, la plus haute distinction du Japon.

Lors d'une conversation informelle avec des journalistes saisie par des télévisions, il a indiqué ainsi qu'il serait candidat "quoi qu'il arrive" à la prochaine présidentielle. Dans un "tweet" diffusé par la suite, François Fillon a toutefois souligné qu'il n'entendait pas s'exonérer de l'exercice des primaires prévues par l'UMP en 2016 pour désigner son candidat à la présidentielle, un exercice qu'il défend depuis le début. "Rien de nouveau dans mes propos de Tokyo : c'est aux primaires de 2016 actées par l'UMP que j'ai renouvelé mon intention d'être candidat", lit-on dans le message.

Réponse du berger à la bergère

Quand on lui parle de l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui parcourt le monde en donnant des conférences et dont on évoque régulièrement un éventuel retour, François Fillon répond : "Moi, je suis engagé dans la vie politique, ce n'est pas son cas", rappelant au passage que Nicolas Sarkozy avait annoncé son retrait après sa défaite à la présidentielle de 2012.

Cette mise au point fait suite à des "confidences" de Nicolas Sarkozy distillées par ses proches dans les médias lui prêtant une envie de revenir en politique face à la gravité de la crise. "Je vais peut-être être obligé de revenir", a-t-il ainsi déclaré selon des propos que lui a prêtés cette semaine Le Parisien.

François Fillon a déjà estimé que les règles de la future primaire de la droite et du centre devraient être les mêmes pour tous, y compris Nicolas Sarkozy s'il décide de revenir. Ses déclarations de Tokyo interviennent dans un contexte de tensions apparentes entre l'ancien président et celui qui fut son Premier ministre pendant cinq ans. Interrogé dans le cadre d'un documentaire sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy diffusé mercredi soir sur France 3, François Fillon a rappelé leurs divergences de diagnostic sur la gravité de la crise en 2007 et insisté sur celles qui les opposent vis-à-vis du Front national.

Sarkozy : Fillon, "c'est un loser !"

"Nicolas Sarkozy pense que le Front national est à combattre parce qu'il affaiblit la droite. Moi, je pense que le Front national est à combattre, parce qu'il est hors des limites du pacte républicain", a-t-il dit. François Fillon ironise dans la même émission sur le style énergique de Nicolas Sarkozy, le comparant au "lapin Duracell". Cité dans Le Parisien, ce dernier réplique à propos de son Premier ministre : "C'est un loser !" Concernant la situation actuelle de la France, François Fillon estime que "plus on laisse le temps passer, plus on aura besoin d'un choc". "Ce ne sont pas seulement trois mesures homéopathiques qui changeront les choses, car le doute sur l'économie française est considérable", a-t-il poursuivi. "Toute la stratégie actuelle et la boîte à outils (de François Hollande, NDLR) auraient pu marcher il y a 25 ans, pas aujourd'hui", estime François Fillon en insistant sur la nécessité d'un "pilotage serré" de la relation franco-allemande.

Pour une "confédération économique franco-allemande" Pour une "confédération économique franco-allemande"

Jugeant que l'euro est "toujours en sursis" et que "les fondamentaux de la crise sont toujours présents", l'ancien Premier ministre prône pour la relance d'une "confédération économique franco-allemande". "La seule façon de sauver l'euro : un gouvernement économique, distinct des institutions européennes, dans lequel l'Allemagne et la France auraient le premier rôle", détaille encore l'ex-Premier ministre.

"Les Allemands et les Français doivent piloter l'économie de la zone euro et cela demande de la cohérence et une cohésion très fortes, insiste François Fillon, sinon nous serons sur la pente du déclin du continent" (européen). Interrogé enfin sur la première année de présidence de François Hollande, François Fillon estime que "la situation économique est très dégradée, devient intolérable, et les Français ne l'acceptent pas". Au passage, il tacle le gouvernement sur l'affaire Dailymotion et parle d'une "politique à courte vue". "Ça fait peut-être du bien au soldat Arnaud Montebourg, mais ça décrédibilise le patron de France Télécom. On ne doit pas jouer avec une entreprise."

@AFP

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