France/ Pierre de Gaëtan Njikam premier maire adjoint noir à la mairie de Bordeaux

Premier maire adjoint d’origine africaine ce fidèle d’Alain Juppé, siégera pour les 6 prochaines années, au conseil municipal de la ville de Bordeaux. Rencontre avec l’élu aquitain

Pierre de gaetan njikam

Une page de l’histoire de la mairie de Bordeaux, s’écrit avec votre élection au sein du Conseil municipal. Vous devenez le tout premier maire adjoint noir, d’origine africaine, à occuper cette fonction importante dans cette ville… quel est votre sentiment ?

Un sentiment de Joie, de responsabilités, mais aussi d’Espérance. Sentiment de joie parce qu’il s’agit d’un un long parcours – qui n’est d’ailleurs pas achevé – qui se révèle à travers la rencontre avec un homme, Alain Juppé, à travers une campagne exceptionnelle et aussi à travers une reconnaissance du travail fait et du travail qui reste à faire. Sentiment de responsabilités parce que, c’est un peu ce qu’on peut attendre aussi de la diaspora africaine, de s’impliquer, de s’engager dans son environnement pour des valeurs, pour des projets. C’est un peu ce qui est aujourd’hui sanctifié par mon élection. Un sentiment évidemment d’Espérance parce que je suis aussi conscient de la plus-value de ce que peux apporter et que j’ai déjà d’ailleurs apporté à Alain Juppé et à la Ville de Bordeaux.

Cette élection revêt-elle une signification particulière pour vous, sur un plan plus personnel?

Oui. Une signification très particulière pour l’étudiant étranger d’origine camerounaise et africaine que j’étais, il y a presque une vingtaine d’années. Pour cet étudiant étranger qui peut aujourd’hui s’identifier à beaucoup d’étudiants, à beaucoup d’étrangers qui sont en France, à Bordeaux. Assumer aujourd’hui des fonctions de maire adjoint, est un motif de pleine satisfaction, de se dire que tout le temps passé à Bordeaux a servi à quelque chose pour l’étranger que j’étais hier.

Vous occupez désormais la fonction de Maire adjoint, chargé de la Coopération et du Développement avec l’Afrique. Peut-on parler d’une nouvelle page qui s’ouvre également aujourd’hui entre la ville de Bordeaux et l’Afrique, deux entités déjà liées par l’histoire?

Bien sûr. Comme nous l’avons d’ailleurs dit dans notre slogan de campagne, nous avons pris avec Alain Juppé, (Maire de Bordeaux Ndlr. AA) depuis quelques années, un “temps d’avance”. Ce temps d’avance, c’est d’avoir fait une opération de vérité, par exemple autour de l’histoire et de la mémoire de la relation avec Bordeaux, à travers les salles permanentes du musée d’aquitaine consacrées au commerce atlantique et à l’esclavage. Nous avons d’ailleurs consolidé ce temps d’avance sur le plan culturel, avec l’ouverture récente des salles du 19e siècle ; donc Bordeaux et son ouverture dans le monde et notamment vers l’Afrique. Nous avons engagé depuis quelques années, une coopération décentralisée forte dans un certain nombre de pays. Nous allons davantage le consolider, en remettant en perspective cette relation «classique» à travers des axes stratégiques tels l’entreprenariat économique, les échanges entre les sociétés civiles, et tous les projets concrets qui intéressent les populations ici et là-bas.

Vous êtes un proche du maire de Bordeaux Alain Juppé et votre entourage professionnel vous reconnaît de nombreuses qualités – dont la fidélité et une fiabilité absolue qui reviennent souvent. Vous sentez-vous récompensé par cette élection ?

Oui bien sûr. C’est aussi la reconnaissance de cette fidélité depuis maintenant une quinzaine d’années sans faille. J’ai accompagné Alain Juppé dans tous les moments heureux et difficiles et toujours en restant fidèle à la ligne politique qui est la sienne à savoir, la droite modérée et Républicaine. C’est donc une complicité de plusieurs années qui est aujourd’hui reconnue et récompensé de cette manière, même s’il faut rappeler que le fait d’avoir été son collaborateur, au sein de Cabinet, était déjà une reconnaissance.

A quoi peut s’attendre la Diaspora africaine et notamment à Bordeaux du maire adjoint chargé de la coopération et du développement avec l’Afrique ?

D’abord, les diasporas doivent se sentir concernées parce que c’est la reconnaissance de l’un des leurs. Je suis pleinement de la diaspora, j’assume ce statut qui fait qu’on est d’ici et de la bas, nous devons garder un attachement à notre continent d’origine, tout en prenant notre place dans l’environnement. Le travail avec les diasporas africaines va occuper un axe essentiel de mon activité. Il s’agit d’abord de l’associer et de la consulter dans le cadre d’une réflexion générale que je vais lancer, autour de la relation avec l’Afrique. Elle sera partie prenante d’un très probable forum d’échanges. Il s’agit également d’identifier un certain nombre de projets qui sont portés par les membres de la diaspora, et dont la pertinence peut justifier une implication de la ville ou des partenaires de la ville.

Une idée plus précise des projets en perspective avec la diaspora?

Les contours restent à définir, mais on peut déjà esquisser deux ou trois axes stratégiques. Il y a la valorisation de l’expertise de la diaspora, la valorisation de sa présence dans la relation institutionnelle que nous avons généralement avec nos villes partenaires, à savoir que la diaspora doit être partie prenante de la construction et de la mise en œuvre des projets que nous avons avec nos partenaires municipaux africains. Troisèment c’est aussi l’accompagnement à l’investissement de cette diaspora dans les pays africains et pas seulement ceux dont ils sont originaires parce que Bordeaux peut aussi accompagner une vision continentale de l’Afrique et c’est la raisons pour laquelle ma délégation est une délégation continentale.

Aujourd’hui vous êtes complètement immergé dans la vie politique française à Bordeaux. Quelle sera la prochaine étape de votre engagement politique?

Je crois qu’il est très tôt pour parler de la prochaine étape. Evidemment nous sommes totalement mobilisés pour les échéances à venir. Nous avons les élections européennes qui arrivent. Ces élections intéressent l’Afrique et les africains de France. Après nous aurons les élections régionales, puis les législatives et les présidentielles, pour lesquelles l’équipe d’Alain Juppé sera totalement mobilisée quel que soit ce qui arrive dans les prochaines années.

Vous êtes aussi très connu pour votre engagement associatif qui n’est pas des moindres. Avec vos nouvelles responsabilités que dire de l’avenir du Club Bordeaux-Cameroun-France ?

Le Club Bordeaux-Cameroun-France c’est une vision de l’Afrique, C’est une certaine forme d’action orientée vers une catégorie importante de la population africaine, qui est sa jeunesse. C’est une certaine idée de l’action C’est donc l’accompagnement et le soutien à l’entreprenariat, donc autant d’identités que je retrouve dans la délégation municipale qui est aujourd’hui la mienne. Il s’agira dans le respect d’un certain nombre de formes, d’amplifier cette action et lui donner davantage de contenu et de pérennité. Ce n’est qu’une bonne nouvelle pour le Club Bordeaux-Cameroun-France

@http://www.africapresse.com

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