France: l’Assemblée nationale rend hommage aux envoyés spéciaux de RFI assassinés au Mali

Claude Verlon et Ghislaine Dupont, envoyés spéciaux de RFI au Mali, ont été enlevés et assassinés à Kidal samedi 2 novembre 2013. Claude Verlon et Ghislaine Dupont, envoyés spéciaux de RFI au Mali, ont été enlevés et assassinés à Kidal samedi 2 novembre 2013.

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Une séance solennelle s’est tenue ce mardi 5 novembre à l’Assemblée nationale. Les députés français ont observé une minute de silence à la mémoire de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, assassinés samedi 2 novembre à Kidal, au nord du Mali. « C’est la liberté et l’amitié entre la France et l’Afrique qu’on assassine », ont-ils dit. « Assassinat abominable, acte de barbarie terroriste ».

Les députés n’ont pas eu de mots assez forts ce mardi après-midi dans l’hémicycle pour dénoncer l’assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon. Tous les parlementaires s’étaient levés en début de séance pour observer une minute de silence en leur mémoire, avant que le président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Louis Borloo, ne rende un hommage appuyé à nos deux confrères. « Nous voulons dire à leurs familles l’émotion qui nous submerge tous, aujourd’hui. Mais permettez-moi d’associer à cette émotion la mémoire d’ Yves Debay, Olivier Voisin, Rémi Ochlik, Gilles Jacquier et Jean-Hélène, a déclaré Jean-Louis Borloo. Cette émotion vient de loin : de 45 journalistes morts dans l’exercice de leur vocation depuis 2013, et de 183 journalistes enfermés aujourd’hui dans des geôles du monde.

Elle vient aussi de nos compatriotes sortis de ces terribles épreuves qui en conservent à jamais dans leur chair une blessure irréparable. Cette fatalité aveugle a un nom. Elle s’appelle " servitude ", parce qu’elle est l’arme de ceux qui n’aiment pas la liberté »

« Faire la lumière sur ce double crime »

En réponse, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rappelé « la volonté farouche de la France de faire toute la lumière sur ce double crime : un crime contre des personnes, contre la liberté d’informer et donc contre la démocratie ». Et d’ajouter : « En prenant RFI pour cible, les auteurs de cet assassinat ont cherché à porter atteinte à la liberté d’informer, à l’amitié entre l’Afrique et la France et aux Africains eux-mêmes », a déclaré le Premier ministre français. Sur tous les bancs de l’hémicycle, l’émotion est palpable, la colère également. Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, avait dénoncé en préambule « un acte de barbarie terroriste ». « C’est une atteinte inadmissible à la liberté d’informer », a-t-il souligné, avant de poursuivre : « En votre nom, j’adresse les condoléances aux familles des victimes, à leurs proches et à leurs amis de la rédaction de RFI ».

Dans quelles circonstances ont été assassinés nos deux confrères ? Faut-il, pour en savoir plus, créer une commission d’enquête parlementaire ? « Pourquoi pas », lance à la sortie de l’hémicycle le député Edouard Ryhan-Cypel, porte-parole du Parti socialiste, « Je crois qu’aucune porte ne doit être fermée, si la vérité permet d’être établie aussi par une commission d’enquête parlementaire, j’y souscrirais tout volontiers ». La création d’une commission d’enquête parlementaire, c’est ce que réclament trois syndicats de journalistes. Des syndicats qui ont déposé deux demandes en ce sens auprès des présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale.

RFI Par Pierre Firtion

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