France,INFORMATION JUDICIAIRE CONTRE SARKOZY: Quand le fantôme de Kadhafi hante la France

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Décidément, l’ancien président libyen Mouammar Kadhafi aura été un homme redoutable. Car, même décédé, son fantôme continue de hanter la France, ce pays qui, il faut l’avouer, a été à l’origine de sa mort tragique.

En effet, une enquête judiciaire vient d’être ouverte sur le financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Les juges sont actuellement en quête de preuves d’un financement par la Libye de la campagne de l’ex-président français. Certes, on n’est qu’au stade d’une simple information judiciaire, mais l’affaire fait déjà grand bruit au pays des droits de l’homme. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ex-président Sarkozy doit désormais avoir du souci à se faire ; lui qui, on le sait, fait des pieds et des mains pour revenir sur la scène politique française ; histoire de baliser le terrain pour l’échéance de 2017. Surtout qu’avant la fin de son mandat écoulé, avait surgi au grand jour une autre affaire de financement occulte de sa campagne par le couple Bettencourt.

Un malheur ne vient jamais seul, dit-on. De toute évidence, le président Sarkozy aura bien du mal à démontrer qu’il n’a pas un tant soit peu flirté avec l’ancien régime libyen. Car on se rappelle que Sarkozy, avait obtenu la libération des infirmières bulgares qui ont passé près de dix ans dans les geôles libyennes. Il avait réussi, on ne sait pas par quel manège, là où bien des gens avant lui avaient échoué. Puis on revoit un Kadhafi fanfaronnant sur le perron de l’Elysée où il avait même une fois installé ses tentes. C’est dire donc qu’au moment où l’opinion publique française vouait l’homme aux gémonies au point de le faire passer pour un pestiféré, le président Sarkozy en avait fait un ami de circonstance, convaincu qu’il le lâcherait un jour.

On comprend d’ailleurs pourquoi le fils de l’ancien dictateur, Seif-Al-Islam, au temps fort de la crise libyenne, menaçait de faire des révélations troublantes si la France de Sarkozy intervenait en faveur des insurgés. Peut-être ceci explique-t-il cela. Le personnage de Kadhafi était devenu si gênant qu’il fallait en découdre avec lui, d’où le ferme engagement de la France dans le conflit libyen de l’époque. « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts », disait si sagement De Gaulle pour dire que la France ne fait pas dans le sentiment pour quelqu’un, quand vient l’heure pour elle de défendre ses intérêts.

Mais au fait, les financements occultes des campagnes des chefs d’Etat français ne datent pas d’aujourd’hui ; ils datent de Mathusalem. Car, que ce soit Valery Giscard d’Estaing ou Jacques Chirac pour ne citer que ces deux, tous ont vu leur campagne soutenue financièrement par des capitales africaines, surtout à l’époque où la Françafrique battait son plein. Ce qu’on reproche aujourd’hui à Sarkozy n’a rien de surprenant. Et qui sait si un jour le président François Hollande lui aussi n’aurait pas à s’expliquer sur des financements occultes, qui sont en passe d’être le sport favori des dirigeants français.

© Le Pays : Boundi OUOBA

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