Emile Louis, le tueur des disparues de l'Yonne, est mort

Agé de 79 ans, il était hospitalisé depuis une semaine à la prison de Nancy. Emile Louis avait été condamné en 2004 à la perpétuité pour les meurtes de sept pupilles de la Ddass qui avaient disparu dans la région d'Auxerre entre 1975 et 1979.

Son nom est resté attaché à un département, l'Yonne. Emile Louis, c'est l'affaire des disparues de l'Yonne. Chauffeur de bus scolaire, il avait fait disparaître sept jeunes femmes, des pupilles de la Ddass, toutes déficientes mentales légères, entre 1975 et 1979. Le tueur en série avait été condamné à la perpétuité bien plus tard, en 2004. Perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 18 ans. Le verdict avait été confirmé, en appel, en novembre 2006.

emilelouis.jpg

 

Il avait également été condamné à 30 ans de réclusion, avec période de sûreté de 20 ans, pour viols avec torture et actes de barbarie sur sa seconde épouse, et agressions sexuelles sur la fille de celle-ci. Emile Louis est mort dimanche matin à Nancy - il avait été transféré la semaine dernière de la prison d'Ensisheim, dans le Haut-Rhin, où il purgeait sa peine, à l'unité hospitalière sécurisée interrégionale de Nancy, en raison de la dégradation générale de son état de santé. Ironie du sort, Emile Louis devait être examiné lundi par un expert médecin, dans le cadre d'une demande de suspension de peine pour raison de santé. Selon l'un de ses avocats, il a subi un scanner neurologique vendredi dernier.

Interpellé 20 ans après

Emile Louis avait été arrêté en décembre 2000, alors qu'il coulait des jours paisibles, ou presque, à Draguignan, dans le Var. Aux gendarmes qui lui avaient assuré que les crimes étaient prescrits au bout de dix ans, et qu'il ne risquait pas grand-chose, il avait tout raconté. Les sept meurtres.

Seuls deux corps ont été retrouvés, après plusieurs jours de fouilles. Lui-même enfant de la Ddass, abandonné à la naissance, placé dans une famille d'accueil où il avait beaucoup souffert, "Emile Louis a vécu une forme de maltraitance affective, inspirée par une figure parentale cruelle créant très tôt chez lui la représentation de liens sado-masochistes", dira un psychologue à son procès, en 2004. Devant la cour d'assises de l'Yonne, l'accusé n'avait laissé transparaître aucune émotion, en dehors de regrets rapides, lors du défilé à la barre d'anciennes victimes qui racontaient ses pratiques sexuelles perverses. "Une forteresse entourant un vide affectif sidéral", selon le président de la cour.

Par Guillaume Gaven

http://www.franceinfo.fr

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 20/10/2013