Suisse- Cameroun: Des policiers suisses protègent Paul Biya à Genève

La police camerounaise quadrille les alentours de l’hôtel dans lequel loge Paul Biya à Genève, des piétons de peaux noires passés au peigne fin par ces flics que l’on soit sur les rues et avenues, Chemin du Petit Saconnex, La Route de Ferney, l’Avenue de Budé, etc..

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Cette fois-ci, le remake de l’action menée à l’hôtel Meurice de Paris le 7 Décembre 2013 où le président camerounais avait été surpris par trois membres du Conseil des Camerounais de la Diaspora (CCD) et du Collectif es organisations Démocratiques des Camerounais de la Diaspora (CODE) qui avaient surgi dans le hall de l’hôtel où il logeait, risque de ne pas avoir lieu car, il est devenu difficile de franchir le seuil de cet hôtel où le dispositif de sécurité de taille a été mis en place par les autorités camerounaises, violant quelque fois les lois locales en matière de sécurité…certains d’entre ces policiers arborant la tenue de la police helvétique.

Pour de nombreux usagers  des artères principales tout autour de ce complexe hôtelier la police camerounaise en compagnie d’une poignée des policiers helvétiques restés en retraits, essuient les contrôles divers, les scènes vécues dans ces différentes artères qui longent cet hôtel ce matin  avaient quelque chose de surréaliste, du moins de cocasse. Les éléments de la police camerounaise, en civil, noyées dans la fine pluie matinale groupées dans les carrefours et avenues avaient au moins le cœur à l’ouvrage. Le commissaire de police James Elong dit-on, selon une source, serait à la tête des policiers camerounais qui sillonnent le périmètre sécuritaire de cet hôtel.

En dépit des actes d’intimidation ou du trafic d’influence dont raffolent certains policiers camerounais, ils se sont appliqués à identifier méthodiquement les piétons de peaux noires, à relever les numéros de châssis et de série, bref s’assurer que chaque véhicule se dirigeant vers l’hôtel où loge Paul Biya depuis avant hier (23 fevrier 2016, ndlr) et conduit par un africain montre patte blanche en tous points de vue.

Les policiers camerounais ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Même les parcs qui longent le lac Leman sont passés sous leurs fourches caudines. Toutes ces opérations de fouille systématique ont créé dit-on hier des bouchons géants autour de cet hôtel devenue la résidence principale de Paul Biya. Les plus curieux ont remarqué que les yeux des policiers faisaient des va et vient entre une liste probablement noire et les véhicules contrôlés.

Selon certains Camerounais rencontrés à Genève, c’est depuis presqu’une semaine que la police camerounaise s’adonne à ce spectacle “honteux” à Génève.On dirait que le Cameroun a transformé cet hôtel en présidence du Cameroun fulmine Hadja, un employé de cet hôtel que la rédaction ce camer.be pu avoir au téléphone. Ce dernier affirme également que le personnel de l’hôtel a eu comme d’habitude un brieffing de la part du directeur sur des éventuelles manifestations des activistes camerounais et que toutes les réservations des chambres d’hôtels ne sont possibles que par internet. Ce qui explique d’ailleurs, le premier cordon de sécurité à l’entrée principale dudit hôtel où le premier desk d’accueil vous demande d’exhiber la copie de la réservation de chambre avant de vous diriger vers l’accueil en lui même comme nous avons pu le constater sur place.

Lorsque Paul Biya débarque dans la confédération helvétique, sans oublier sa suite pléthorique, ils passent la plupart de leur temps dans le très chic hôtel Intercontinental de Genève. C’est dans une luxueuse suite du 6ème étage, que “l’homme lion” du Cameroun a ses habitudes. Une suite, qui, selon nos informations disponible d’ailleurs sur le site Internet de l’hôtel Intercontinental coûte la somme décomptée de 152.500 € par mois, et ce même si le président camerounais ne met pas les pieds à l’hôtel ! Un chiffre difficilement acceptable et au-delà du scandaleux quand on le compare au salaire moyen camerounais qui s’élève à 80 euros par mois. Il faudrait donc la bagatelle de 158 années de travail au camerounais moyen pour pouvoir se payer le privilège de passer un mois dans la peau de Paul Biya lors de ses escapades genevoises ! Au niveau du 3, 4ième et 5ième niveau tous occupés par la suite présidentielle, la nuitée la plus abordable coûte environ 915€ (11 mois de salaire moyen au Cameroun). Si nous nous essayons à une tâche de calcul, en multipliant la somme de 915€ par le nombre de ses occupants…Le résultat est là… Dilapidation de la ressource du contribuable camerounais à outrance… En y ajoutant les frais de transport et de nutrition, le quotidien camerounais estime à près de 1 525 000 € de dépenses effectués par Paul Biya et sa suite en moins d’un mois par exemple de séjour passé en Suisse, soit l’équivalent de 19 062 fois le salaire mensuel moyen camerounais ou de 1588 années de travail au salaire moyen !

Et les frais de missions de ces flics? En moyenne 5000€ par policier. Ce n'est pas James Elong le bourreau du Capitaine Guerandi Mbara qui peut nous démentir… 

Vous comprendrez dès lors qu’il est inutile de penser au développement de ce pays quand certains individus depuis 33 ans s’exercent à cette mission destructrice du Cameroun affirme, Essimi Paul, un économiste camerounais, enseignant à Genève.

Tout récemment, les Camerounais de la diaspora avaient décidé d’interpeller les dirigeants de l’hôtel Intercontinental à travers des milliers de coups de fils anonymes. l’on apprend que les dirigeants de cet hôtel ont préféré cette fois ci garder la sourde oreille face à ces multiples interpellations

Au moment où de nombreux parents camerounais éprouvent d’énormes difficultés pour survivre, au moment où des milliers de Camerounais meurent quotidiennement de paludisme et de choléra, au moment où les populations du grand nord sont victimes des assauts de Boko Haram, les griots de Monsieur Paul Biya entonnent leur refrain favori pour excuser la folie des grandeurs d’un homme qui, en 33 ans de règne a fait du Cameroun l’un des pays les plus pauvres de la planète. Paul Biya est devenu une véritable bombe à retardement pour son propre pays.

La logique aurait voulu qu’on parle des accidents et de l’insécurité galopants qui règnent au Cameroun en ce moment. Beaucoup de morts sur les routes, beaucoup de morts au grand nord. Les morts de la misère, de la débrouillardise, de la paupérisation. Dommage, Paul Biya s’entêtent à se constituer avocat pour la défense de sa cause criminelle dont ses frasques sont diffusées dans le monde entier. Face à des situations surréalistes que vivent les Camerounais, il est normal que des activistes du CODE, du CCD, du CEBAPH, du Mouvement de Février 2008, de Conscience du Cameroun…à Londres, Bruxelles, Paris, Washington expriment leur indignation.

© Camer.be : Hugues SEUMO

 

 

 

 
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