Présidentielle 2018: Qui peut vaincre Paul Biya ?

Selon des observateurs, le Président national du parti des flammes dispose de tous les pions de la machine électorale camerounaise et même des voix de certains partis de l'opposition.

Du point de vue des avisés, les appels à candidature au rythme desquels la sphère politique camerounaise vit à l'heure actuelle, ne sont que la face visible des manœuvres qui maintiennent le Président Paul Biya au pouvoir. Dans son édition du 2 février 2016, le Quotidien Emergence dans son analyse fait remarquer que Paul Biya dispose de « la constitution » en passant par «  les moyens d'Etat » et même « d'une opposition conciliante ». Avec tout cela qui peut le vaincre ? Les appels à candidature qui fusent de part et d'autres, ont-ils raison d'être ? A-t-on besoin de demander à Paul Biya de se présenter une énième fois à l'élection présidentielle. Et la vraie question est celle de savoir si ces appels peuvent influencer la décision du Chef de l'Etat ?

Pour revenir sur ce que le journal qualifie de « saison des appels à candidature », il nous souvient que ceux-ci ont débuté dans la région natale du Chef de l'Etat. La passe a été faite aux Sénateurs du Centre. Dès lors, il s'est ouvert une course de soutien au Président du parti au pouvoir. Le week-end dernier, c'est « le Grand-Nord et le Sud-ouest qui ont joué leur partition ». Pareil pour le Nord-ouest qui a choisi « une déclaration de la Région du Nord-ouest pour l'anticipation probable de l'élection présidentielle de 2018 et soutien sans réserve à la candidature de son Excellence Paul Biya ».

Le Quotidien Emergence fait remarquer qu' « on est même quitté des régions pour atterrir dans les départements et les arrondissements ». C'est dire que le Président de la République dispose des gouverneurs, des préfets et même des sous-préfets. En d'autres termes, il a dans la paume de main toutes les autorités administratives.

Les élites de la Mefou-et-Afamba et de l'Océan ont successivement demandé au Chef de l'Etat d'être candidat. Lors de ces meetings de soutien au Chef de l'Etat, « on a même vu des gouverneurs, à l'exemple de Dieudonné Ivaha Diboua gouverneur de la région du Littoral, assister personnellement aux rassemblements ayant en toile de fond ces appels du peuple, et recevoir face caméra la correspondance des appelants pour sa transmission au Chef de l'Etat ».

Face à tout ce remue-ménage orchestré par le parti au pouvoir et ses adeptes, certains observateurs de la scène politique camerounaise notent surtout l'attitude de l'opposition qui fait de ça « un non évènement ». Le journal dans ses colonnes explique le silence des partis politiques de l'opposition par le fait qu'elle a fort longtemps retiré de son ordre du jour la conquête du pouvoir. « Chacun des leaders de la majorité présidentielle rassasiée des avantages qu'offre le régime, entend sans doute apporter le moment venu un soutien incontestable à Paul Biya », écrit le journal.

Du côté de ce  qu'on peut considérer comme la nouvelle opposition, le manque de charisme de certains leaders joue en leur défaveur. Le cas de Maurice Kamto du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun qu'on trouve trop « conciliant avec le camp d'en face, trop timoré ». Le Quotidien Emergence décrit celui-ci comme quelqu'un « toujours prompt à se ranger quand l'un de ses meetings est interdit. Il oublie que la politique est une arène ».

Avec la constitution qui autorise le Chef de l'Etat à se présenter n fois, « Elecam, la loi électorale, les pouvoirs publics, la cour suprême, les chefs traditionnels », aussi certains « partis politiques » pour ne pas dire la quasi-totalité, d'où sortira l'adversaire de Paul Biya.

 

Camernews.com

 
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