PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE : Comment les invectives polluent l’atmosphère

Martin Belinga Eboutou - directeur du cabinet civil, Ferdinand Ngoh Ngoh - secrétaire général, et Christophe Foe Ndi - intendant, sont les plus concernés, au point de se demander ce qui ne va au palais de l’unité ? Ces accusations, la presse les relaie à grand renfort de publicité. Accusations

L e ministre directeur de cabinet civil - l’énigmatique technocrate Martin Belinga Eboutou, est mitraillé, à tort ou à raison, par des confrères, l’accusant de s’octroyer une part de lion dans le budget de l’Etat pour son collège privé. Et tous les noms d’oiseaux lui tombent dessus. Son appétit supposé pour l’argent, ses rackets réels ou chimériques auprès des hommes d’affaires, ce fidèle des fidèles du président de la République fait l’objet de rumeurs et de folles discussions dans les chaumières. On en est encore à démêler le vrai du faux sur ce qui se dit sur « Tom Dollar », qu’un un autre haut cadre de la présidence est rattrapé.

Le Sgpr et les milliards d’Essimi Menye

Alors que les chasseurs du sémillant Ferdinand Ngoh Ngoh n’ont pas éteint leur « smoking gun », qu’une télévision de la place, dans sa revue de presse, le brocarde. Relayant avec grand écho les soupçons de corruption, de complicité de détournement de deniers publics et de complicité préventive d’évasion qui pèsent fortement sur ce haut technocrate. Crédible ou non, la presse a relevé la colère du président de la République du fait que c’est Ferdinand Ngoh Ngoh qui aurait fait évacuer l’ancien ministre Essimi Menye, contre espèces sonnantes et trébuchantes. « Pourtant le secrétaire général de la présidence savait très bien que le Tribunal criminel spécial en avait haut le coeur contre Essimi Menye pour des milliards qu’il aurait détournés et ceci dans divers dossiers », regrette un confrère. En plus, ce média faisait croire qu’en laissant ainsi filer Essimi Menye qui se taperait une belle vie à l’extérieur, le Sgpr trahissait ainsi la confiance du chef de l’Etat et de l’institution judiciaire.

Pour ceux qui connaissent la compétence de ce haut fonctionnaire à la tête du secrétariat général de la présidence, sont étonnés que dans l’affaire Essimi Menye, il y soit mêlé, sans s’en référer au chef de l’Etat, et encore moins qu’il s’y soit sali. En tout cas, seules les enquêtes peuvent le confirmer. Pendant que Ferdinand Ngoh Ngoh n’a pas encore fini avec les fantômes d’Essimi Menye, qu’un autre collaborateur du chef de l’Etat, Christophe Foe Ndi - intendant à la présidence, est épinglé par une pleine page tonitruante sur ses ennuis et sur la colère du président de la République contre sa personne.

Foé Ndi et les palais

Le quart de page consacré à cet article apprend que des ouvriers sans salaires auraient incendié les plantations du président de la République à Mvomeka’a, et que la piscine de Paul Biya n’était pas entretenue. En réalité, gérer une grosse machine comme la présidence de la République est d’une complexité extrême, et des observateurs avertis estiment qu’on peut tout reprocher à ces trois collaborateurs du chef de l’Etat, sauf l’incompétence, le manque d’engagement et de fidélité à leur chef. Certes, leurs ennemis amplifieraient les querelles de personne pour les voir divisés, et donc fragilisés. On attribuerait ainsi, peutêtre à tort, au directeur du cabinet civil, des frustrations du fait que le décret du 9 décembre 2011 attribuerait de larges prérogatives à l’intendant.

Mais dans l’entourage de Foé Ndi, on rassure en disant que des consignes fermes ont été données aux collaborateurs de ce gestionnaire des palais, pour qu’au-delà des organigrammes, ces derniers respectent les conseils ou consignes de Belinga Eboutou, non  pas seulement comme un chef, mais comme leur aîné à tous. Pour ceux qui connaissent l’intendant, l’un de ses défis majeurs est d’assurer un service de qualité dans les différents palais et résidences présidentiels. Cela passe avant tout par la formation et la sélection d’hommes de qualité, et surtout par l’appui et l’épanouissement de ces hommes. Ce combat passe également par la régularisation de leur carrière et l’amélioration des conditions de vie du personnel. « Toute opposition, tout blocage et toute bureaucratie auxquels fait face l’intendant de la présidence dans l’atteinte de ces objectifs ne visent qu’à démobiliser et à saper le moral du personnel des palais », précise un proche du Dcc. Pourtant, le président de la République reste attentif à l’épanouissement des travailleurs de ses différents palais présidentiels.

En témoigne, cette citation d’un de nos confrères faisant parler un des travailleurs du palais : « je remercie le bon dieu, et sur terre le couple présidentiel, après la longue souffrance dans la recherche du travail, j’ai eu une aubaine à travers mon recrutement au sein de la première des institutions de l’Etat. J’attends de l’administration une intégration à la fonction publique ». C’est dire que le président de la République, par la main de son dévoué collaborateur Foé Ndi et des autres, n’oublie pas son personnel. Sur ce plan, ce confrère ajoute : « un hangar reposant sur les piliers solides, un espace confortable pour le personnel ou pour tout usager de passage au palais de l’unité vient d’être construit ». De même, poursuit-il, « Monsieur l’intendant, suivant les objectifs du président de la République, vient de faire mettre sur pied une unité de soins palliatifs à la présidence ayant pour vocation d’assurer en urgence les premiers soins indispensables au maintien en vie d’un patient avant son évacuation ».

Cicéron disait : « lorsque vous voulez détruire un roi, commencez par la gouvernante du palais, puis touchez ses principaux collaborateurs jusqu’aux écuyers. Démantelez chacun pris individuellement. Réarmez-le moralement et mentalement contre les autres. Dès que l’épée de l’un frappera mortellement l’autre, introduisez de nouvelles personnes qui vous sont dévouées. Le Roi achèvera le reste de ses anciens dévoués, puis vos hommes achèveront le Roi esseulé». Alors, que cachent ces affaires autour des collaborateurs du chef de l’Etat? Sans Detour mène une enquête approfondie sur les principaux collaborateurs du chef de l’Etat afin d’éclairer davantage la lanterne des Camerounais sur ce qui est vrai ou faux.

Camer.be

 
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