Nouvelles du front : Un officier supérieur du Bir tué par une mine

Le lieutenant colonel Beltus Kwene Ebelle, commandant de la zone Sud du dispositif de l'Opération Alpha  touché  dans  l’explosion d’une mine le dimanche 14 février  2016 a succombé à ses blessures  ce lundi 15 février 2016 matin

«Mon Dieu Beltus a été décoré récemment lors du passage du Mindef le 31 décembre 2015. Je ne me suis pas encore remis de la mort du Capitaine Yari et voilà que Beltus s'en va. Le Cameroun vient de perdre deux vaillants et exceptionnels officiers. La patrie vous sera éternellement reconnaissante..» Cette réaction d’un camarade d’arme du lieutenant colonel  Honoré Gorgie Kwene Ebelle traduit à suffisance la douleur que ressentent les éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) et l’armée camerounaise qui vient de  perdre l’un de ses valeureux soldats.

Le lieutenant colonel  Beltus Kwene, commandant de la zone Sud du dispositif de l'Opération Alpha à Kolofata est décédé  ce lundi 15 février 2016. Il a succombé à ses blessures  en cours d'évacuation comme plusieurs de ses camarades blessés à l’hôpital général de Yaoundé pour des soins intensifs.

Bataille de Goche

Le lieutenant colonel Honoré Georgie Kwene Ebelle rentrait triomphalement dans sa base  à Kolofata au Cameroun  quand le véhicule à bord duquel il  se trouvait avec onze collègues, un Pick up du Bataillon d’intervention rapide (Bir), a sauté sur  un engin explosif improvisé sur l’axe Goshi – Kerawa.

Des informations font état de ce que le chauffeur du Pick up aurait  perdu ses jambes et les onze autres occupants du véhicule grièvement blessés. Avec  la confirmation  du décès du Lieutenant colonel Honoré Géorgie Kwene  Ebelle, l’on signale déjà deux morts parmi les victimes de  cette explosion.

Avant cet incident, le lieutenant colonel  Honoré Gorgie Kwene  Ebelle  et ses hommes ont passé  cinq jours d’intense  combat  à Goche, une ville nigériane frontalière au Cameroun, véritable laboratoire de Boko Haram.

D’après des informations, dans cette ville du Nigéria   se fabriquaient les bombes artisanales utilisées dans  les attentats au Cameroun et du Nigeria. De nombreux kamikazes étaient également formés dans cette ville.

Il était donc question pour eux de détruire ce camp de Boko Haram, d’arrêter les  auteurs de ces opérations. Mission que ces soldats ont remplie avec bravoure  avec l’appui des soldats nigérians.  Car, d’après   des sources, plus d’une centaine de membres de Boko Haram ont été arrêtés et livrés aux autorités nigérianes. Deux à trois fabriques de Bombe  artisanales ont été détruites,  des voitures incendiées et des armes de variétés différentes saisies. Des jeunes kamikazes en formation  et leurs formateurs ont également été maîtrisés et conduits au Cameroun pour exploitation.

Pendant cette bataille rude, le bataillon d?intervention rapide va également perdre  le capitaine  Emmanuel Yari tombé. Plus d’une trentaine  des membres de Boko Haram seront tués durant cette  offensive d'envergure de l'armée camerounaise.

Portrait

Promu au rang de Lieutenant colonel lors de la cérémonie de  remise des épaulettes organisées par Joseph Beti Assomo le 1er janvier 2016, le lieutenant-colonel Beltus Kwene Ekwelle était le premier de la trentaine de soldats à recevoir ses épaulettes au camp des forces de défense camerounaises à Kidji-Matari dans le département du Mayo-Sava, région de l’Extrême-Nord du pays. Officier supérieur, commandant du Bataillon d’intervention rapide (Bir), zone sud de l’opération Alpha à Kolofata, Beltus Kwene Ekwelle était  marié et père de 6 enfants.

Au moment de son décès, l’officier camerounais  était âgé de 39 ans.  Mort arme en main en défendant son pays, celui qui déclarait à qui voulait l’entendre  qu’«il défendra le Cameroun jusqu’à la dernière goutte de son sang» est le deuxième officier supérieur  du Bir  tombé au front de cette sale guerre.

© La Nouvelle Expression : Herv� Villard Nji�l�

 

 

 
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