Lions indomptables. Hommage: Hugo Broos dans la famille d’Albert Ebossé

Pour sa première tournée à l’intérieur du Cameroun, le nouvel entraineur de l’équipe nationale de football, a fait dimanche dernier une escale au domicile des parents de l’attaquant camerounais assassiné il y a deux ans en Algérie, alors qu’il était son coach.

Lions indomptables. Hommage: Hugo Broos dans la famille d’Albert Ebossé

Comme tous les autres membres de la famille d’André Bodjongo, la mère de feu Albert Ebossé Bodjongo, a revêtu l’uniforme bariolé des obsèques de son fils, pour accueillir Hugo Broos. Mais, durant tout le séjour d’environ une heure du nouvel entraineur des Lions, elle était la seule qui pleurait à en faire pitié. La visite d’Hugo Broos est venue remuer le couteau dans une plaie qui a du mal à se cicatriser depuis deux ans. Andréa Bodjongo, l’enfant unique laissé par le défunt, a passé son temps à jouer dans les bras de Sven Vandenbroeck l’adjoint d’Hugo Broos chez les Lions indomptables. Le père de l’ex buteur de la Jeunesse sportive de Kabylie de regretté mémoire,  a quant lui,  alterné bonne humeur et tristesse.

D’entrée de jeu, il accueille chaleureusement Hugo Broos et sa suite avec un grand sourire, avant de les faire assoir. L’ambiance qui était jusque-là à la bonne humeur, bascule dans la tristesse lorsque le papa d’Albert Ebossé, âgé de 76 ans, choisi de ressasser la très mauvaise nouvelle qui tombe dans la famille le soir du 23 aout 2014. « La mort de mon fils vers les 23 heures alors que dans l’après-midi, il avait passé un coup de fil à sa maman pour l’inviter à visionner à la Télé, le match qu’il allait disputer ce même soir-là». Le géniteur qui croit dur comme fer que son fils est mort des suites d’assassinat, est consterné par l’attitude des responsables du football algérien qui, selon lui, n’ont honoré à aucune de leurs promesses. « Quand il est mort, les responsables du club de la Jsk s’étaient engagés à verser à la famille, les salaires du joueur du mois d’aout 2014 au mois de juillet 2015. Depuis qu’Ebossé est mort, nous n’avons rien reçu. Rien du tout, même pas les indemnités d’assurance. Ebossé n’était-il  pas assuré ?» Lance André Bodjongo en direction d’Hugo Broos.

Le nouvel entraineur des Lions indomptables n’a pas fini de marquer  son étonnement que son  interlocuteur reprend la parole pour continuer à dérouler le chapelet des engagements non honorés « Les promesses faites par les responsables du football algérien, la Caf et la Fifa n’ont jamais été tenues. Même celles du gouvernement camerounais. Après les obsèques de mon fils, j’avais été reçu par une autorité administrative ici à Douala. Il m’a dit que le Directeur du Cabinet civil de la présidence avait besoin de mes coordonnées parce que le chef de l’Etat avait décidé d’aider la famille. Depuis, je n’ai eu aucun retour. Je suis convaincu que le président avait décaissé de l’argent et que cette enveloppe a été détournée par ses messagers ».

Hugo Broos qui écoute religieusement son interlocuteur, est sous le choc. « « Je ne saurais rester insensible à ce que je viens d’apprendre. Dire que cette famille n’a rien reçu des promesses, ça ne me surprend pas en ce qui concerne les responsables de la Jsk. Ce n’est pas correct.  Je ne sais pas ce que je peux faire maintenant mais il est évident que si je vois un chemin qui s’ouvre pour aider cette famille, je ne manquerais pas de le faire » a promis l’ancien défenseur des Diables rouges, avant d’aller s’incliner sur la tombe d’Albert Ebossé au cimetière du quartier Ndogsimbi. Hugo Broos est reparti comme il est arrivé, dans sa voiture officielle de couleur noire, encadré par un véhicule de la police qui roulait toute sirène hurlante.

 @CAMEROUN24

 

 
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