Guerre contre Boko Haram : Les sujets qui embarrassent Issa Tchiroma

L’aide des Etats unis, le droit de poursuite, la présence du chef de l’Etat au front, les appels et motions de soutien voici entre autres sujets qui provoquent l’embarras du ministre de la Communication.  

Faire un compte rendu des exploits de l’armée camerounaise dans la lutte contre Boko Haram c’est bien. Répondre aux questions des journalistes serait encore mieux. Cependant ce n’est pas véritablement à cet exercice que s’est livré le porte-parole du gouvernement ce lundi 15 février 2016. Le Ministre de la Communication-en véritable homme politique- n’a pas renié la langue de bois. Interrogé sur la grande implication des forces de défense camerounaise dans les opérations de la Force multinationale mixte (FMM), comparativement aux autres contingents composant la force, le Mincom a louvoyé.

Selon lui l’engagement des troupes camerounaises et la visibilité opaque des contingents du Tchad, du Nigéria, du Benin et Niger se justifieraient par la formation de qualité que reçoivent les forces de défense camerounaise et le positionnement tactique du Cameroun sur le terrain des opérations. Une réponse alambiquée quand on sait que les troupes notamment tchadiennes sont mondialement connues pour leurs faits d’armes. Toutefois  les troupes camerounaises notamment à travers  les opérations Emergences 4 et Alpha semblent les seules à livrer bataille contre la secte terroriste Boko Haram depuis la mise en activité de la FMM. Une certaine opinion soutenant en outre que le pays se cacherait derrière l’étendard de la Force Multinationale Mixte pour avoir accès au territoire nigérian que l’absence de droit de poursuite confine dans son déploiement. De toutes manières pour le Mincom ce sujet se veut sous le sceau du «Secret d’Etat»

Apport des Etats-Unis

Un autre sujet qui semble embarrasser le Porte-parole du gouvernement est l’aide du pays de Barack Obama  dans la guerre asymétrique qui oppose les forces de défense aux fous de dieu dans la région de l’Extrême nord.  Le Mincom a de fait été questionné sur l’apport du contingent de 300 hommes envoyés au Cameroun par le pays de l’oncle Sam en octobre 2015. «L’apport de nos amis est inestimable. Ils nous aident dans la formation de nos militaires dans la détection d’engins explosifs. Ils sont capables de vous dire voici où se trouve un tel, grâce notamment à leurs drones», a répondu le ministre. Ce dernier n’a toutefois pas voulu s’appesantir sur le sujet,  concluant que l’aide du contingent américain était plus qu’important pour le Cameroun. Toutefois il est important de souligner que l’apport des Etats-Unis, qui devait se matérialiser par le renseignement, la reconnaissance et la surveillance n’a pas beaucoup aidé le Cameroun au vu de la vague d’attentats suicides qui a déferlé sur la région depuis le début de l’année 2016.

Appels et motions de soutien

Les opérations qui se sont déroulées entre le 11 et le  14 février 2016 dans le cadre de l’opération dite «Arrow five» dans la zone de Ngoshe au Nigeria ont débouché sur une victoire éclatante de l’armée camerounaise. Cependant le décès de deux officiers : le lieutenant-colonel Kwene et le Capitaine Yari est venue assombrir les hauts faits des forces de défense. Un émoi qui est justement à l’origine de l’une des questions adressées au Mincom ce lundi.  N’est –il pas indécent de voir des jeunes mourir sur le champ de guerre alors que des «vieux» se livrent au jeu des appels et motions de soutien à l’endroit du président de la République ? Une interrogation sur laquelle le ministre de la Communication a juste eu le temps de noter la douleur et l’hommage à rendre aux illustres disparus, sans piper mot sur la question des appels lancés au chef de l’Etat pour des élections anticipées.

«La présence du chef de l’Etat n’est pas nécessaire au front»

Parmi les sujets qui «fâchent  presque» le Mincom, l’on compte la sempiternelle question de la présence du Chef des armées au front. Cette fois le porte-parole  du gouvernement s’est voulu formel. La présence de Paul Biya aux cotés des forces de défense n’est aucunement urgente. Après avoir longtemps louvoyé, Issa Tchiroma a enfin donné une réponse claire. Pour ce dernier, les différentes visites de travail du Ministre Délégué à la Présidence en charge de la Défense et des différents responsables de la Défense sont plus que suffisantes. «La situation ne nécessite pas la présence du président de la République eu front. Si d’aventure cette présence était rendue nécessaire, il s’y rendrait», affirmé la voix du gouvernement. Une affirmation que ne renieraient surement pas les militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).

© La Nouvelle Expression : Ben Christy Moudio

 

 

 
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