France: un prêtre renvoyé au Cameroun après commis la fornication

L’abbé Alexis Marie Onomo avait fait l’unanimité dans la communauté d’Hermiès et la population avait lancé une pétition pour le maintenir en place. Ce geste n’a rien changé à son sort

L’ambiance conviviale, dans la salle des aînés, a vite laissé place à un silence pesant. Des jeunes, des aînés, des familles étaient réunis vendredi pour témoigner leur sympathie à l’abbé Alexis, qui rentre au Cameroun

L’abbé Alexis Marie Onomo était en France pour un contrat de trois ans, unissant son diocèse camerounais à celui d’Arras. Arrivé à terme, il ne sera pas renouvelé à cause de l’incident survenu cet été. Il a avoué avoir couché avec une paroissienne. L’abbé, la voix tremblante d’émotion, avait hésité à s’exprimer devant la population, mais il a décidé de le faire, évoquant l’acte de «personnes aux intentions malsaines». Une querelle entre deux habitantes d’un village voisin, actives dans la vie de la paroisse, et une relation qui a mis le prêtre en fâcheuse posture. L’abbé Alexis a tenu, avant de partir, à exprimer sa «profonde gratitude» envers ceux qui lui ont apporté du « réconfort dans cette épreuve » et dont il a salué « l’ouverture d’esprit » : «Vous avez pardonné ma chute et relativisé parce que, pour vous, l’essentiel était ailleurs».

Dans l’assistance, quelques larmes versées, et beaucoup d’indignation. Un paroissien déplore : «Ce sont des personnes extérieures qui sont responsables de cette situation, et c’est l’image du village d’Hermies qui est salie !» Plusieurs dames, parmi les aînées de la paroisse, expriment leur tristesse : «Je ne tolère pas ce qui se passe, surtout dans l’époque où l’on vit !» ; «Regardez ce qu’il a fait pour les jeunes, il était apprécié de tous»«Il est courageux de prendre la parole. Tout ça à cause de personnes qui, en plus, se disent d’église ! C’est affreux ce qui s’est passé. Et en plus, on n’aura plus de curé !»

Pétition Les jeunes, à l’origine d’une pétition pour défendre le prêtre, étaient déçus de ne pas voir leur mobilisation aboutir. Ils ont été encouragés par l’abbé Alexis à mener à terme le projet de création d’une association «Jeunes responsables», bâti ensemble. Ils resteront en contact, malgré la distance, grâce à Internet. «Les jeunes se sont pas mal calmés depuis que l’abbé discutait avec eux», constate un père de famille. «Quand on voit ce que d’autres prêtres ont fait ailleurs, de beaucoup plus grave…», lâche dépitée une habitante. Aucun d’entre eux n’est paroissien. Ils ne mettent jamais les pieds à la messe. Mais en à peine un an dans la commune, l’abbé Alexis Marie Onomo est devenu pour chacun «un ami»«Il est venu vers nous, nous a invités chez lui. Il est très avenant, jovial. Il nous raconte des anecdotes sur le Cameroun, on va au presbytère jouer du tam-tam», avait affirmé Dylan, l’un des jeunes mobilisés en faveur du curé. Des habitants se sont mobilisés pour fournir à l’abbé quelques effets personnels et un véhicule. Une urne recueillait des dons, en témoignage de solidarité.

 

Journal du Cameroun

 
Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau