Forces de défense : les réseaux Mebe Ngo’o secoués dans leurs fondations

Le nouveau Mindef, Joseph Beti Assomo, a procédé hier à un vaste mouvement de gradés au sein de la grande muette.

 
Il ne s’agit point d’une chasse aux sorcières, de l’avis de plusieurs sources sécuritaires. En procédant, hier en fin d’après-midi, à un vaste mouvement de gradés au sein de l’armée, le chef de l’État Paul Biya, sur propositions du ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense (Mindef), Joseph Beti Assomo, ambitionne juste de renforcer les effectifs dans plusieurs postes de commandement, avec le souci avéré d’injecter du sang neuf dans certaines unités et directions.

 Ceux qui fréquentent assidument les allées du Quartier général de Yaoundé voient pourtant, derrière les décrets présidentiels, une volonté manifeste de reconfigurer l’appareil sécuritaire, question de mettre en place un nouveau système avec de nouveaux hommes à la tête de plusieurs postes stratégiques. Les tenants de cette dernière hypothèse s’appuient sur le rôle prépondérant joué par ceux qui perdent leur poste, dans l’entourage de l’ancien Mindef Edgard Alain Mebe Ngo?o.

L’exemple le plus frappant est ainsi celui du lieutenant-colonel Ghislain Mboutou Elle, jusque-là chef de secrétariat militaire adjoint. Au Mindef, il se rapporte que cet officier supérieur, qui a longtemps servi à Douala, était l’œil et l’oreille de celui qui présidait aux destinées du Mindef jusqu’au 2 octobre dernier.

C’était l’homme par qui tout passait. L’homme à tout faire. Et à trop faire. Le «disque dur» de M. Mebe Ngo?o. Même les généraux étaient obligés de lui faire allégeance pour accéder au Matricule 01 de l’armée.

«Son supérieur hiérarchique, le capitaine de vaisseau Joseph Tchouatat, n’étant qu’un simple faire-valoir. C’était Mboutou le vrai patron de l’armée», souffle un habitué de la maison. De mauvaises langues affirment que Ghislain Mboutou Elle, en demi-dieu autoproclamé, faisait et défaisait les carrières selon son bon vouloir.

À tour de bras, il distribuait les marchés de prestations de services à la coterie. Il était au cœur du système Mebe Ngo?o. Avec les derniers textes du chef de l’État, il quitte ce poste pour être envoyé comme attaché militaire auprès de l’ambassade du Cameroun au Maroc, loin du pays où il passait pour être un homme d’influence.

Parmi les autres nominations qui font jaser, l’on évoque la désignation, comme chef de la Sécurité militaire (Sémil), du colonel Joël Emile Bamkoui, jusqu’ici chef de l’unité du commandement opérationnel au secrétariat d’État à la Défense (Sed) en charge de la gendarmerie. Il remplace à ce poste quelqu’un qui était également très proche de l’ancien Mindef, un des maillons forts du dernier carré de Mebe Ngo?o, susurre-t-on.

Le colonel Melingui Nouma, quant à lui, jusqu’ici commandant du Quartier général, est nommé inspecteur général des armés en charge de la logistique. Un changement à première vue anodin, mais qui au sein de l’armée est lourd d’enseignements. L’on note également de profonds bouleversements dans les services de renseignement, tout comme plusieurs commandants de légion changent de poste.

«C’est le sommier même des forces de défense nationales qui est ainsi remanié», commente un officier supérieur à la retraite. De l’avis de nombreux observateurs, ce mouvement n’est pas le dernier, d’autres mutations étant attendues dans les prochaines semaines.

© La M�t�o : Michel Tafou

 

 

 
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