Désillusion de Benjamin Millepied à l'Opéra : il voulait recruter des "danseurs de couleur"

Nominé en janvier 2013, il n'aura pas fait long feu à Paris. Et sa femme, l'actrice Natalie Portman, qui avait déclaré dans la presse qu'elle ne se sentait pas en sécurité à Paris, n'y serait pour rien dans cette décision. Benjamin Millepied a pris la porte de l'Opéra de Paris cette semaine, évoquant des "raisons personnelles", mais le désaccord avec la direction de l'établissement serait plus profond et concernerait la question de la diversité.

"J'ai envie d'avoir une compagnie en 2015 qui soit diverse, qu'on ait des danseurs de nationalités différentes, de couleurs différentes sur scène". C'est avec ce beau projet que Benjamin Millepied, jusque-là connu du grand publique pour son travail sur le film Black Swan, avait pris la direction de l'Opéra de Paris le 1er novembre 2014.

Le charmant danseur et chorégraphe avait en tête de casser cette « idée raciste » que dans un corps de ballet "tout le monde doit être blanc" et "qu'on ne met pas une personne de couleur dans un corps de ballet parce que c'est une distraction".

Son fait d'arme le plus célèbre, rapporté par le Monde dans ses colonnes, sera La Bayadère. Il rebaptisera ainsi la "danse des négrillons" en "danse des enfants", et refusera que les jeunes danseurs de l'école de l'Opéra national de Paris soient (comme à le veut la tradition exotique de la mise en scène), maquillés en noir.

Une décision qui n'a vraisemblablement pas fait l'unanimité dans les hautes sphères de l'institution. Et, alors qu'aujourd'hui le mari de Natalie Portman annonce sa démission , impossible de ne pas imaginer une quelconque manœuvre de sa direction.

Beau joueur, Benjamin Millepied a préféré évoqué des "raisons personnelles", assurant vouloir se consacrer maintenant "à 100% à la création", chose que son travail trop administratif ne lui permettait pas de faire. Le jeune papa assure pourtant : "Cette responsabilité, je l'ai assumée chaque jour avec pour seul objectif l'innovation, au service du rayonnement de l'institution et de l'épanouissement des danseurs".

F.A

Public.fr

 
Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau