Des Lycéennes en Transe à Tignere : Phénomène naturel ou sorcellerie ?

lus de 40 élèves du lycée bilingue de Tignère sont entrées récemment en transe. Un enseignant, mis à l’index, a été gardé à vue. Les transes n’arrêtent plus de mettre certains de nos établissements scolaires en ébullition. Au lycée bilingue de Tignère, situé dans le département du Faro et Déo, région de l’Adamaoua, les commentaires vont dans tous les sens, laissant tout le monde pantois aujourd’- hui. 

C'est que, dans cet établissement scolaire, les cours ont été perturbés durant toute la journée du jeudi 28 janvier dernier. « Plus de 40 lycéennes, ont eu des transes collectives », indique un infirmier de l’hôpital de district de Tignère. Au parfum de l’affaire, Bouba haman, préfet du Faro et Déo, est descendu au lycée aussitôt. Il a organisé l’évacuation des victimes pour les centres de santé les plus proches, et a convoqué une réunion de crise.

Les autorités traditionnelles, les responsables du lycée et les forces de maintien de l’ordre, qui prenaient part à ladite rencontre, ont convenu d’élever des prières pour éloigner le mal du lycée. Aussi, ils ont pris des mesures conservatoires pour juguler de tels phénomènes à l’avenir. En outre, un enseignant du lycée bilingue de Tignère, mis à l’index suite au phénomène de transes, est gardé à vue, pour besoin d’enquête. En attendant, toutes les victimes ont rejoint leurs familles.

Phénomène Paranormal
Phénomène naturel ou sorcellerie ? Le phénomène d’hystérie collective, qui frappe régulièrement les potaches de nos lycées et collèges, semble, jusqu’à ce jour, échapper à toute explication rationnelle. Bien que des explications crédibles continuent de tarder pour faire comprendre, aux uns et aux autres, ce phénomène dont l’ampleur commence à susciter l’inquiétude et la psychose chez les apprenants comme chez les membres d’encadrement pédagogique de nos établissements, Maître Moukoko Ebanda Francis, exorciste, pense tout simplement que certains promoteurs des établissements scolaires aspirent l’énergie des enfants pour développer leurs activités. « En considérant, dit-il, que l’homme est le microcosme dans le macrocosme, qu’il est aussi un Co créateur avec l’architecte primordial, qu’il est doté d’une volonté libre, et enfin qu’il a reçu le privilège de devenir un ange s’il le souhaite, toute force extérieure, qui souhaiterait habiter le clairvoyant est comme un espion », déclare Maître Moukoko Ebanda Francis.

Pour cet exorciste, « dans nos écoles et autres collèges, quelques dirigeants mal intentionnés, parce que faisant partie de certaines réunions compliquées, s’amusent à manipuler les consciences des enfants d’autrui, aspirant leur énergie pour remplir le quota énergétique demandé ou pour développer leurs activités ». Pour tout dire, Me Moukoko ne manque pas d’enfoncer le clou en parlant des transes comme une chose malsaine : « il suffit de commander un esprit capté à cet effet, de vampiriser un esprit faible sans garde mais qui dispose cependant d’un bon réservoir d’énergie vitale. On parle alors de transfert d’énergie et la conséquence est que, pour toute la vie, la victime risque d’être condamnée si rien n’est fait », conclut-il.

Phénomène Normal 
Le Dr Félicien Ntonè Enyime, psychiatre, pédopsychiatre et enseignant de psychiatrie à la Faculté de médecine et de sciences biomédicales à l’Université de Yaoundé I, a un autre jugement. Pour lui, les transes sont un phénomène compréhensible sur le plan scientifique : « Il s’agit d’un phénomène social qui a manqué d’analyse et qui a eu tendance à s’étaler. Qu’un groupe d’élèves arrive à tomber, comme on dit, en transe est un phénomène compréhensible scientifiquement. Si cela prend un caractère dramatique, c’est surtout parce que nous n’apposons pas de réponse au coup par coup. Il s’agit ici de réponses médicales et sociales. C’est le corps de l’enfant, généralement des adolescents. Mais ça se passe dans un contexte particulier, l’école. Cela doit interpeller son fonctionnement. Ça se passe aussi dans une société camerounaise en mouvements. Et plusieurs partenaires doivent se mettre ensemble pour trouver des solutions ».


Sources : Le flux rss de camer.be

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