Crimes rituels : Les souvenirs macabres de Mimboman…

La ville de Yaoundé a également ployé sous les coups des auteurs de ces crimes. Enregistrant Une dizaine de victimes.  

Les résultats des crimes ayant été perpétrés entre 2012 et 2014 dans la ville de Yaoundé s’écrivent en flot de sang. La boucherie des quartiers Mimboman, Biteng, Nkoabang s’est voulue une véritable leçon d’anatomie : parties génitales entaillées, orbites enfoncées. Dès les premiers meurtres perpétrés en novembre et décembre 2012, les populations ont tôt fait de les qualifier de crimes dit «rituels». Le regard se porte alors sur un corps de métier jouissant d’une certaine facilité dans l’accès aux jeunes filles. Les moto-taximen sont montrés du doigt. L’enquête qui sera ouverte par le commissariat central n°4 de la ville de Yaoundé (mené conjointement avec la gendarmerie) confirmera les soupçons.

Mode opératoire

Les résultats de l’enquête montrent dès lors un mode opératoire reposant sur l’usage de motocyclettes dans les enlèvements des jeunes filles.  En effet, le groupe d’assassins était subdivisé en deux. L’un chargé de la prospection de potentielles victimes grâce aux moto-taxis et le second chargé de la filature et de l’appui dans l’exécution de la macabre besogne. Selon le récit fait en Aout 2014, par le quotidien Le Jour, les victimes étaient molestées, étouffées ou poignardées. «Ils prélevaient les organes: soit les seins, soit les reins, soit les cils, soit les sourcils, soit les cheveux au niveau de la nuque».

Enquête

Il faudra attendre mars 2013 pour que les premiers suspects soient interpellés. Dans l’un des sempiternels points de presse du Ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary, en septembre 2013, les éléments sont donnés. Une dizaine de personnes supposées appartenir à la bande de criminels est identifiée. Il s’agissait de Bertrand Ndeambou, Jean Thierry Waffo, Landry Tiotsop, Willy Nguegang, Julius Nkemta, François Mbukam, Jean Luc Tahoc, Emmanuel Nono (Le commanditaire selon le Mincom), Ousmane Guessama et Eric Kamwa. Tous sont accusés d’être les auteurs de la tuerie de Mimboman. Ils  sont interpellés puis détenus à la prison centrale de Kondengui.  Toutefois, Alors que ces derniers sont toujours détenus,  de nouveaux crimes sont commis au quartier Mimboman. En effet, entre le 22 et le 26 mai 2014,  deux corps de  jeunes femmes sont découverts dans la zone de la zone de Mimboman Lycée et Maetur Nkoabang. Renforçant la psychose dans cette partie de la ville.

L’enquête judiciaire, elle, prendra fin un an plus tard le 31 juillet 2014. Le Juge d’instruction du Tribunal de grande Instance du Mfoundi Pierre Ossé Mpondo décide de remettre en liberté  Jean Luc Tahoc, Emmanuel Nono, François Mbukam, Ousmane Guessama et Eric Kamwa. Le Juge décide  en outre de garder cinq détenus. Il s'agit de Bertrand Ndéambou, Jean Thierry Waffo, Landry Tiotsop, Willy Nguegang et Julius Nkemta. Ces derniers sont jugés au Tribunal de Grande instance  pour assassinat en coaction, viols aggravés et violation de cadavre. De nombreuses questions restent encore posées. Les avocats des familles des victimes des crimes rituels dénonçant un flou dans les procédures.

Camer.be

 
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