Côte d'Ivoire des décisions de Ouattara inquiètent – Pourquoi privatiser quand tout va bien ?

Alassane Ouattara n'en finit plus de céder le patrimoine public au privé. Depuis son accession à la magistrature suprême, le chef de l'Etat ivoirien a a remis sur pied le comité de privatisation avec pour principal objectif de conduire le processus de cession des entreprises publiques à des investisseurs privés. On note des grincements de dents compte tenu des nombreux dommages engendrés par ces pratiques peu catholiques. Mais faut-il privatiser pour privatiser ?

Alassane Ouattara n'en finit plus de céder le patrimoine public au privé. Depuis son accession à la magistrature suprême, le chef de l'Etat ivoirien a a remis sur pied le comité de privatisation avec pour principal objectif de conduire le processus de cession des entreprises publiques à des investisseurs privés. On note des grincements de dents compte tenu des nombreux dommages engendrés par ces pratiques peu catholiques. Mais faut-il privatiser pour privatiser ?

Alassane Ouattara ne lâche pas le morceau

Alassane Ouattara reste fidèle à ses principes : des décisions parfois impopulaires susceptibles d'embraser le tissu social. Le président ivoirien affectionne bien, semble-t-il, le mot « privatisation » dont il est l'un des meilleurs ambassadeurs. La privatisation est un transfert de la propriété d'une grosse partie, voire de la totalité, du capital d'une entreprise du secteur public au secteur privé. C'est à partir de 1990 que les Ivoiriens découvriront véritablement la teneur de ce courant d'idée avec le fameux Programme d'Ajustement Structurel (PAS) imposé au pays par les institutions de Bretton Woods et piloté par le Premier ministre de l'époque, Alassane Dramane Ouattara (ADO). Les licenciements abusifs ont émaillé cette période sombre de l'histoire ivoirienne (1990 – 1993).

Le pays est très nostalgique de la période 90 – 93

Plus de vingt ans après, le même scénario est devenu légion en Côte d'Ivoire. Dès le début du premier quinquennat d'ADO, l'Etat commence à se désengager des entreprises publiques en vendant ses actions. En 2014, le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan (fin partisan du PAS car ministre de l'Economie et des finances sous ADO de 1990 à 1993) a établi le lien entre la politique pratiquée il y a plus de deux décennies et celle qui est défendue à l'heure actuelle, tout en prenant le soin de montrer ses avantages.

En conférence de presse, Daniel Kablan Duncan a confié que : « Pendant la décennie 1990, le programme de privatisation a connu un rythme de réalisation appréciable et les résultats obtenus ont été généralement jugés satisfaisants dans l'ensemble. Au total, ce sont 55 entreprises qui ont été privatisées durant la période, générant plus de 294 milliards de FCFA de recettes nettes à l'Etat et permettant un allègement de la dette publique d'environ 50 milliards de FCFA, au titre des dettes des entreprises auparavant à la charge de l'Etat et rétrocédées aux nouveaux repreneurs. Le programme de privatisation initié par le Gouvernement, est un moyen supplémentaire de rendre les entreprises à participation étatique plus performantes et plus compétitives, et donc plus à même de contribuer au développement de la Côte d'Ivoire. »

La Côte d'Ivoire actualise sa politique de privatisation désastreuse

Une fois que les dés sont jetés, place maintenant à l'action. Pour privatiser la Banque de l'Habitat de Côte d'Ivoire (BHCI) et Versus Bank (en cours), la Banque pour le Financement de l'Agriculture (BFA), le Sofitel Hôtel Ivoire(concédé au groupe hôtelier français, Accor, alors que le régime de Laurent Gbagbo avait injecté plusieurs milliards de francs CFA pour redonner fière allure à la bâtisse), Alassane Ouattara a mis en avant le fait que ces structures restent exposées à des risques de cessation d'exploitation » puisque « ses fonds propres » sont « négatifs ». C'est très souvent sur la base d'analyses peu crédibles que ces entités publiques tombent dans l'escarcelle du secteur privé mais un privé vraiment privé, il faut le dire. Il est désormais de notoriété publique que ce sont les pontes du pouvoir ou leurs proches qui rachètent ces firmes que l'Etat brade, faisant fi des appels d'offres. C'est cela le drame.

Le cas de Petroci interpelle plus d'un. Le géant ivoirien des hydrocarbures vit un malaise. Après environ une semaine de grève causé par le licenciement de plusieurs dizaines d'agents, la vie semble avoir repris mais difficilement. Le gouvernement a vendu sa chaîne de stations-services à Puma Energy, une filiale de Trafigura (du nom de l'armateur qui a affrété le « Probo Koala », le navire à l'origine des déchets toxiques). Ce n'est pas tout. La base logistique de cette grande structure étatique qui faisait naguère la fierté du pays a été vendue. La base logistique de la boîte n'est autre que le lieu où tous les pétroliers qui opèrent dans le bassin ivoirien stockent leurs matériels. Ce département rapporte des milliards de francs CFA à Abidjan.

Et si le président turc Recep Tayyip Erdogan a séjourné tout récemment en Côte d'Ivoire en compagnie d'une centaine d'hommes d'affaires, ce n'est pas pour faire du tourisme. La Turquie a conclu une série d'accords. L'objectif est d'atteindre un volume d'échanges d'un milliard de dollars entre la Côte d'Ivoire et la Turquie d'ici quatre ans. Alassane Ouattara et son homologue turc ont présidé ce lundi 29 février une rencontre « business to business » entre investisseurs turcs et sociétés ivoiriennes. A Abidjan, la privatisation a encore de beaux jours devant elle ; le chômage et la grogne sociale aussi. Veysel Seker, représentant de la Société turque Alyak qui travaille dans la prospection pétrolière, a affirmé : « Il y a une très grande stabilité plitique ici, ce qui est bon pour l'investissement et ce dans tous les secteurs. Donc, pour nous, ce pays a un très grand potentiel. »

Connection Ivoirienne

 
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