Conjoncture Assurance sociale : Comment Paul Biya va faire baisser le pouvoir d’achat des camerounais

En augmentant le taux des cotisations sociales, le président de la République réduit en même temps le net à percevoir des salariés. Les baisses vont aller de 2 800 Fcfa à moins 23 000 Fcfa par mois.

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Monsieur R. Ebokobo vient d’achever une matinée longue. Au sortir  de sa banque, le jeune employé a constaté une légère baisse sur son net à percevoir. «Je ne savais pas exactement combien a été coupé sur mon salaire, mais ce n’était pas le même montant que le  mois passé», dit-il. Pour se rassurer qu’aucune opération bancaire n’a provoqué cette baisse «apparente», l’employé s’est rapproché de sa banque.

Mais son gestionnaire de compte l’a rassuré que rien n’avait été prélevé par la Banque. Revenu au bureau, c’est dans le bulletin de solde que la réponse lui est venue. Grâce à la nouvelle loi  sur les cotisations sociales, son salaire a baissé  d’environ 2&#x. ;Une retenue de plus sur son salaire qui sera également appliquée à tous les travailleurs relevant du régime général, de l’enseignement privé, et pour les travailleurs  relevant du régime agricole.

Concrètement, explique Tchatat J., spécialiste des questions d’assurances, «Pour les salaires bruts mensuels inférieurs à 300 000 Fcfa, la baisse du salaire est de 1,4&#x. ;Par exemple pour un salaire brut de 200 000 Fcfa/mois, la baisse après le décret est de 2 800 Fcfa/mois. Plus le salaire est important, plus l’impact est important avec un maximum à 3,1&#x &;#xE0; 750 000 FCfa de salaire mensuel brut, soit une baisse de salaire de 23 100 Fcfa/mois !».

Cependant note-t-il, avec le déplafonnement, l’impact de la baisse des salaires devrait diminuer. « A  plus de 750 000 Fcfa de salaire brut par mois, l’impact en valeur relative diminue du fait de l’effet du plafond et la baisse du salaire se stabilise à 0,8&#xxBB;, ajoute notre source.

Paul Biya donne 1 020 F. et récupère 2800 F.

Avec l’annonce de la baisse des prix du carburant à la pompe (20 Fcfa), et la hausse du montant des allocations familiales (1 000 FCfa), les salariés avaient cru voir un signe du président de la République, déterminé à augmenter leur pouvoir d’achat. Le décret présidentiel du 15 février dernier pourrait tout remettre à zéro. Et peut-être prendre encore plus. En janvier, 1020 Fcfa avaient fait leur entrée dans les portemonnaies, en mars, au moins 2 800 Fcfa seront prélevés des salaires.

A la Cnps, on recommande aux salariés de ne pas s’attarder sur cette baisse du net à percevoir,  mais de se contenter des avantages à tirer à l’avenir. Invité au journal du 13h de la Cameroon radio and television (Crtv), Alain Noël Mekulu Mvondo Akame, le Directeur général de la Cnps a expliqué qu’au lieu de parler de baisse, on devrait «plutôt (parler Ndlr.) d’une consolidation des droits sociaux des travailleurs, notamment par la prochaine augmentation des pensions. C’est une épargne, si on peut s’exprimer ainsi. Car, on utilise son propre argent pour soi-même, pour avoir une meilleure pension. C’est une demande sociale », avait-il conclu.

Encadré

Décret N°2016/072 du 15 février 2016 fixant les taux des cotisations sociales et les plafonds des rémunérations applicables dans les branches des prestations familiales, d’assurance-pensions de vieillesse, d’invalidité et de décès, des accidents du travail et des maladies professionnelles gérées par la Caisse nationale de prévoyance sociale.

Le Président de la République décrète :

Article 1er : Le présent décret fixe les taux de cotisations sociales et les plafonds des rémunérations applicables dans les branches des prestations familiales, d’assurance-pensions de vieillesse, d’invalidité  et de décès, des accidents du travail et des maladies professionnelles gérées par la Caisse nationale de prévoyance sociale.

Article 2 : Les taux des cotisations sociales dues à la Caisse nationale de prévoyance sociale au titre des prestations familiales sont fixés ainsi qu’il suit :

  • Pour les travailleurs  relevant du régime général, y compris les domestiques et employés de maison 7 u salaire cotisable.
  • Pour les travailleurs relevant du régime agricole, 5,65 u salaire cotisable. Pour les travailleurs de l’enseignement privé, 3,5 u salaire.
  • Pour les travailleurs relevant du régime agricole, 5,65 u salaire cotisable. Pour les travailleurs de l’enseignement privé, 3,5 u salaire.

© La Nouvelle Expression : Fr�gist Bertrand Tchouta

 

 

 

 
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