Célébration du 8 mars : Le coût du pagne dissuade certaines femmes

Vendu officiellement à 6700 Fcfa, ce pagne prisé par les femmes devient de plus en plus inaccessible pour les démunis.

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Sandrine est ménagère, à  une semaine de la célébration du 8 mars, elle aurait aimé avoir son pagne, seulement nous confie-t-elle, elle est à court de moyen. «Mon mari m’a dit qu’il n’a pas d’argent pour m’offrir le pagne surtout que c’est de plus en plus cher», explique Sandrine. Cette mère de famille qui souhaiterait comme beaucoup de femmes Camerounaises arborer ce pagne, est encore incertaine, mais néanmoins, elle trouve des  pistes de solutions. «Je pense qu’à la veille de la fête, avec mes économies j’irais au marché me trouver un Kaba «robe africaine en pagne, ndlr), pour ne pas être en marge de la célébration.

Mais si c’est cher je laisse tomber», ajoute-t-elle. En effet, pour de nombreuses femmes, le pagne du 8 mars a une valeur symbolique, et pas question de ne pas l’arborer ce jour. Pourtant pour Hermine, commerciale,  ce pagne n’a aucune signification. «Les gens font le business, chaque année on nous sort un pagne et c’est de l’argent qu’on jette selon moi par la fenêtre. J’ai des charges et je ne peux pas débourser 6700 Fcfa, juste par mimétisme», indique cette dernière. Si le pagne entier coûte cher et qu’il faut encore débourser les frais de couture, d’autres femmes optent pour les tenues déjà confectionnées.

Nous sommes donc au lieu-dit «marché des femmes» de Douala. Ici, c’est le lieu par excellence de vente des tenues des femmes confectionnées et la robe «Kaba» est  prisée. La particularité de ce lieu, la disponibilité pour toutes les bourses. C’est alors sous une chaleur suffocante,  que les commerçants exercent leur activité quotidienne.

Le marché est paré aux couleurs de la célébration. En effet contrairement aux autres années, le pagne a deux couleurs, fleurie orangée pour l’un  et un violet pour l’autre. De différents modèles, les robes pour la plupart sont cintrées et attendent preneurs. «Madame vous voulez le 8 mars, regardez chez moi», lance un commerçant. Ici, on apprend, que les clients de cet uniforme n’accourent pas.

D’après  certains commerçants, le coût sans cesse croissant de ce pagne peut-être l’une des raisons. «Nos prix sont en fonction des prix d’achat. Et ça dépend du modèle, mais à partir de 3500 vous pouvez avoir une robe», explique-t-il. En effet, ce commerçant se souvient qu’il y a quelques années, le pagne coûtait 5000 Fcfa. Mais aujourd’hui, il faut débourser 6700 et y ajouter les frais de couture pour avoir une tenue de son choix. D’autres pensent que les femmes attendent les derniers jours pour bénéficier des soldes.

«Certaines femmes vont venir au marché le 7 pour chercher le pagne, parce que ce jour nous on cherche à liquider pour ne pas rester avec un stock qui ne se vendra plus », précise jules Commerçant. Et si le prix est un facteur de découragement pour certaines qui pensent que c’est exorbitant, on apprend d’une source proche de la Cicam que depuis 3 ans ce prix est stable. Et d’ailleurs cette entreprise qui produit le précieux pagne de la femme n’est pas le seul décideur sur son coût. 

Instaurer en 1990, le pagne est devenu la condition sine qua non pour certaines, sans laquelle on ne saurait parler de célébration. Pourtant pour certaines averties, ça reste une journée de questionnement sur la condition de la femme. Et cette 31ème édition se célèbre sous le thème, «égalité des sexes et autonomisation des femmes : Gagner le pari, surmonter les obstacles».

© La Nouvelle Expression : Lucienne Wouassi

 
 
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