Cameroun: Yaoundé, pourquoi les taxis en commun transportent 6 personnes au lieu des 5 autorisées ?

Le phénomène, bien connu des camerounais et très répandu dans le pays, a un nom : La surcharge Search surcharge à bord des taxis.

Il est 14 heures ce lundi lorsque Médard Tamfank, badge numéro 3245, le taximan qui nous conduit vers le centre-ville, s’arrête au rond-point Nlongkak, pour prendre à bord, un cinquième client. Une jeune dame entre et prend place à l’avant du véhicule. Elle a proposé 150 FCFA pour la poste centrale.

Nous sommes désormais 6, (le conducteur et 5 clients), à bord du taxi de Médard, qui normalement, compte 5 places, comme l’exige la règlementation, et l’indique explicitement, l’écriteau en blanc, à l’arrière du véhicule de transport en commun.

Sur le siège arrière, de ce véhicule de marque Toyota, trois personnes, deux hommes et une femme. À l’avant, le conducteur et deux clients dont un homme et une jeune dame. L’homme, plus costaud et grand de taille, se plaint d’être mal assis. Son fessier déborde le siège. Il se plaint d’être assis sur le levier de vitesse, et chaque fois que le conducteur change de vitesse, il ressent la main de ce dernier qui le frôle.

Le chauffeur est pris à parti par les clients à bord du taxi. Il est accusé de ne pas respecter les clients. Il accuse le coup ! Dans un premier temps, il tente d’éviter la discussion, mais sur notre insistance, le jeune homme s’explique, « les gens paient mal le taxi à Yaoundé. Au lieu des 250 FCFA requis pour les 11, 400 km, certains proposent 100 FCFA. «Taxi Search Taxi100 » c’est le nom que nous les chauffeurs, nous donnons aux clients de Yaoundé.

Vous oubliez une chose, les papiers coûtent très chers. Il faut débourser près de 600 mille FCFA par an ! Et chaque soir, il faut reverser la recette au patron, entre 8 et 10 mille en fonction de l’état du taxi. Sans compter la police à qui il faut donner de temps en temps 500 ou 1000 Fcfa. Et il faut rester avec quelque chose dans la poche pour la famille. On ne s’en sort plus. Les camerounais paient très mal le taxi. Quelqu’un préfère boire la bière de 1000 ou 2000 Fcfa et payer le taxi à 100 FCFA. Conséquence, on est obligé de surcharger ».

Depuis le siège arrière, où les vitres sont bloquées, nous suffoquons. Et, un autre client taquine le taximan, « l’assurance ne peut pas dédommager en cas d’accident. La 6e personne ne peut pas être prise en charge, elle n’est pas assurée », réaction immédiate du taximan, « mon frère les assurances dédommagent au Cameroun ? On paie l’assurance, mais en cas d’accident, ces gens ne nous dédommagent jamais. Et, tente alors de ne pas avoir les papiers d’assurance, la police ne va pas te dire ». Nous remarquons au cours du trajet que tous les véhicules jaunes (couleur des taxis), sont en surcharge, au nez et à la barbe de la police. Le phénomène est normal.

Dans certains zones reculées de Yaoundé la capitale, dans le « clando », (nom donné aux taxis qui n’ont pas de papiers) l’on compte jusqu’à 8 personnes. Soit, 4 à l’arrière et 4 à l’avant (3 clients avec le chauffeur). Interrogés, les conducteurs expliquent que l’état de la route et les tracasseries policières, ne leur permettent pas de rentabiliser leurs activités.

Les clients eux, indiquent que les revenus ne leur permettent pas de payer normalement le tarif officiel du taxi. La «surcharge Search surcharge », anormale du point de vue réglementaire, est devenue un phénomène normal dans la société camerounaise.

Source : KAOCI > Armand Ougock, Yaoundé

 
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