Cameroun - Yaoundé:  Le salaire d’un fonctionnaire décédé détourné à la Société Générale

Trois employés de la Société Générale du Cameroun (SGC) sont en procès pour le détournement de 15 millions de FCFA via le compte bancaire d’un fonctionnaire décédé. Jacques Badjang Ba Badjang, (cadre commercial de Allianz assurances détaché à la SGC pour s’occuper du portefeuille des produits de banques assurances), est accusé de détournement de deniers publics sous le couvert d’une fausse identité, Judith Abomo Ngondi et Rosalie Ambani sont accusées de complicité de ladite infraction.

A l’ouverture du procès du 19 février 2016, Me Sylvestre Mben, avocat du principal accusé a révélé «qu’il y a une sorte de confusion dans la constitution de la partie civile (plaignent), tantôt l’Etat (MINFI) non présent au procès, tantôt la SGC qui est «victime», en souhaitant qu’elle soit clairement clarifiée. Car si c’est la SGC qui a porté plainte contre les accusés, cela impacte du coup sur la qualification de l’infraction.La victime étant celui qui a subi directement l’action», peut-on lire dans le journal Kalara de ce Lundi 22 Février 2016.

Me Ngo Minyogog, avocate de la SGC a estimé qu’il est «prématuré à ce stade de la procédure de statuer sur l’identité de la «victime», et le représentant du Ministère Public Casimir Bihiya a quant à lui souligné que «ce qui aurait dû se retrouver dans le trésor public a été détourné et l’honneur de la SGC a été bafouée. La SGC peut se prévaloir d’un préjudice moral». 

S’agissant des virements post-mortem, le tribunal a signalé qu’il se prononcera sur la qualification de l’infraction lorsqu’il s’agira de dire si les charges sont suffisantes ou non pour que les accusés présentent leur défense. C’est Agnès Josèphe Marie Thérèse Ze Nseme, la veuve du client qui a saisi l’agence de Yaoundé par une réclamation d’ayant droit, s’offusquant du fait que le compte de son défunt mari Jean Ndzana Onana ait  connu d’importants décaissements au mois de mai 2014, alors que ce dernier est décédé en janvier 2011. 

Marc Epah, responsable de l’agence situé à l’Hôtel de ville de Yaoundé, explique à la cour que les relevés de comptes litigieux obtenus grâce au traçage informatique a permis de constater qu’entre le 4 avril et le 3 juillet 2014, 18 retraits ont été opérés par Jacques Badjang Ba Badjang uniquement aux guichets des caisses de ses deux coaccusés.

Géraldine IVAHA

 

 

 

 
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