CAMEROUN : VOL DES TRAVAUX ET DÉTOURNEMENTS : Le Recteur de Yaoundé I traîné en justice 

Le Pr. Maurice Aurélien Sosso est accusé d’avoir détourné les travaux d’un groupe d’enseignants d’Université et d’avoir fait main basse sur l’argent que les travaux ont produit.

 Depuis le mois de juin 2014, le recteur de l’Université de Yaoundé I, le Pr Maurice Aurélien Sosso est assigné en justice par un groupe d’enseignants pour des faits de vol des travaux et détournements des primes issues de ces travaux de recherche. Les faits remonteraient en 2014 lorsqu’un groupe d’enseignants de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I constate que leurs travaux, selon leur dire, ont été arrachés des responsables sous le couvert du recteur. Une plainte est déposée au mois de mai et au mois de juin. Le collectif obtient une autorisation de l’Etat à assigner en justice le recteur pour des faits mentionnés, car selon le Pr Bahebeck, le recteur qui a rang de secrétaire d’Etat ne peut être assigné en justice sans l’autorisation de la hiérarchie. L’audience est prévue dans les prochains jours. Mais depuis la mise en route de cette procédure par le Pr Jean Bahebeck, chef de fil du collectif, il fait l’objet de menace, chantage et règlement de compte de toute sorte. Le dernier fait en date concerne sa convention devant le conseil de discipline de l’Université, le 27 mai 2016, par décision N°016-0397/UYI/SSPE, du Pr Maurice Aurélien Sosso, recteur de l’Université de Yaoundé I pour des faits d’insubordination et comportement violent présumés. 

La genèse de l’affaire 

La convocation au conseil de discipline vient à la suite de celle du secrétaire général, Pr Jean Emmanuel Pondi, par ailleurs Greffier du conseil de discipline de l’Université de Yaoundé I, le 14 avril 2016, invitant le concerné à se présenter dans son bureau le 19 avril 2016 à 11 heures 30 min pour une audition. Le Pr Bahebeck a ainsi sollicité qu’il lui soit notifié par écrit les faits à l’origine de cette convocation. En date du 21 mai, le Greffier fait parvenir un questionnaire sur lequel le Pr Jean Bahebeck a apporté de nombreuses réserves par courrier du 27 avril 2016. Entre autre  réserve au plan formel, l’absence d’entête de l’Université et/ou du Conseil de discipline de l’Université de Yaoundé I, l’absence du cachet nominatif. Ce document dont nous avons obtenu copie ne portait que la signature qui serait celle du Pr Jean Emmanuel Pondi, sans aucun sceau de l’Etat. Le document n’indiquait pas les sanctions encourues au regard des faits notifiés. Par ces insuffisances, le Pr Bahebeck a sollicité que lui soit communiqué dans la forme de la loi les faits précis qui lui sont reprochés, les documents probants, les sous-tendantes et les sanctions envisagées à son encontre. Une nouvelle fois, le 13 mai 2016, le Pr Bahebeck est convoqué au bureau du Secrétaire général pour être entendu sur procès-verbal, conformément à l’article 57 du décret présidentiel du 19 janvier 1993, portant dispositions communes aux universités. Cette fois-là encore l’enseignant relève des insuffisances mais accepte de se faire entendre pour dit-il le respect pour la personne du secrétaire général. Au regard de la tournure que semble prendre l’affaire, le Pr Bahebeck dit avoir pris à témoin l’opinion publique car, selon lui, il est victime d’une procédure cavalière.

Le Pr Jean  Bahebeck relève des hypothèses qui justifient cet état de chose. D’abord l’absence des faits. Juste une présomption d’insubordination et comportement violent présumés qui selon lui donne droit à un non-lieu, ensuite l’absence d’un dossier disciplinaire contre lui notamment avertissement, blâme ou autres, enfin une hyperpersonnalisation de l’affaire par le recteur conformément à l’article 55 du décret ci-dessus visé qui dispose que « la décision de traduction au Conseil de discipline et la notification doit être faite par deux responsables et pour son cas selon l’enseignant, le recteur s’est chargé de signer la convocation et la notification à l’intéressé. La levée de boucliers Le Pr Bahebeck place tout cet acharnement sur trois raisons fondamentales. La jalousie au regard des résultats positifs obtenus. Lui qui s’est fait apôtre de la bonne cause en dénonçant sans réserve la mafia hospitalo-universitaire dont l’épicentre serait au rectorat de l’Université de Yaoundé I. 

Camer.be

 
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