Cameroun: Un preneur d’otages Bororos tué à Mbéré

L’opération a été conduite par le 33ème BIM. Considéré comme le berceau des preneurs d’otages du département du Mbéré, l’arrondissement de Dir a été une fois de plus, le théâtre d’une nouvelle attaque.

C’était le 20 janvier 2016, lorsque quatre malfrats armés de Kalachnikovs (tous des Bororos) ont fait une incursion dans le campement d’un éleveur situé dans la localité de Gado, à 30 km de Dir. Le propriétaire des lieux étant absent, ils ont trouvé son épouse à qui ils ont arraché le téléphone après l’avoir tabassée.

«J’ai l’impression que ces derniers savaient que nos forces de défense n’étaient pas loin. Lorsqu’ils sont arrivés dans ce campement, ils ont juste demandé à la dame de leur montrer de quel côté se trouvaient les militaires. Sous la menace des armes et de la peur, elle s’est rapidement exécutée », relate un habitant du village Gado. Toutefois, ses enfants parviendront à informer discrètement le chef du village Gado qui, à son tour, informera immédiatement Dandi Eloi Gandaf, sous-préfet de Dir.

L’autorité administrative fait aussitôt déployer sur le terrain l’adjudant-chef Kalniga, à la tête de cinq militaires du 33e Bataillon d’Intervention Motorisé. Rendus dans le campement attaqué, les éléments du 33e BIM suivent les traces des malfrats et tombent sur leur bivouac. Flairant le danger, ceux-ci ouvrent le feu sur les militaires. La riposte est immédiate. Un preneur d’otages, le nommé Iliyassa Hamadjoda, est mortellement touché.

Les trois autres prennent la poudre d’escampette en abandonnant une bonne partie de leur arsenal. «La situation prend déjà une certaine ampleur ici dans notre arrondissement. Heureusement que nos forces de défense ne dorment pas. Pendant très longtemps, notre premier obstacle a été le manque de coopération de la population locale. Mais aujourd’hui, elle commence à comprendre l’importance d’une étroite collaboration avec les autorités», fait savoir Dandi Eloi Gandaf, sous-préfet de l’arrondissement de Dir.

Une arme de type AK47 a été récupérée avec 88 munitions ainsi que 66 munitions de calibre 12. Sept téléphones portables, des couteaux, chaines, plaques solaires et autres gris-gris ont aussi été saisis par les militaires du 33e BIM. La population, quant à elle, se souvenant de leurs 09 fils et frères retrouvés pendus par des preneurs d’otages, a fortement remercié le colonel Ndjocka, responsable du 33e BIM, ainsi que le sous-préfet pour leurs actions conjointes. «Nous pensons que c’est ce même groupe qui avait pendu neufs personnes il y a quelques semaines, car le matériel utilisé est identique », souligne une source militaire.

FRANCIS EBOA

237online.com

 
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