Cameroun: Terrorisme, Biya appelle les populations à utiliser la sorcellerie pour vaincre Boko Haram

Paul Biya vient d'inviter les camerounais à faire usage de la sorcellerie pour combattre les terroristes de Boko Haram.

"Le chef de l'Etat a demandé d'intégrer dans la lutte contre Boko Haram, la dimension de la sorcellerie. Nous attendons de chaque village, des actions d'éclat dans ce sens.Nous voulons entendre que tel ou tel village a anéanti ou limité les dégâts de la secte terroriste grâce à la sorcellerie. Battez vous pour votre pays. Impliquez vous activement. C'est ce que le chef de l'Etat attend de vous. Et nous, nous attendons les résultats", ces propos du gouverneur de la région de l'Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari tenus au cours d'une réunion d'évaluation et de sensibilisation sur les activités des comités de vigilance dans le département du Mayo-Sava, sont rapportés par "L'œil du Sahel", un bi-hebdomaire paraissant à Yaoundé.

Le gouverneur (représentant du chef de l'Etat dans la région de l' Etrême -Nord), a prononcé ses propos, le 28 janvier 2016, apprend-on.

Paul Biya le chef suprême des armées camerounaises, comme le présente la loi fondamentale en vigueur, aurait inventé une nouvelle tactique de guerre : " la sorcellerie ". Une pratique pourtant largement condamnée par les lois et règlements en vigueur dans le pays.

En effet, le Code Pénal Pénal camerounais condamne la pratique de la sorcellerie. L'article 251 du Code Pénal réprime les pratiques de sorcellerie en ces termes : « Est puni d'un emprisonnement de deux à dix ans et d'une amende de 5 000 à 100 000 francs celui qui se livre à des pratiques de sorcellerie, magie ou divination susceptibles de troubler l'ordre ou la tranquillité publique, ou de porter atteinte aux personnes, aux biens ou à la fortune d'autrui même sous forme de rétribution. »

En invitant les populations à faire usage de la sorcellerie, le numéro un camerounais lance-t-il le message de l'incapacité de l'armée à éradiquer la secte sur le plan militaire? 

Le débat en tout cas enfle depuis ce lundi. Certains pensent que le chef de l'Etat, repercute l'appel de quelques chefs traditionnels de Ngoura à l'Est du pays, qui demandaient sur les antennes de la télévision à capitaux publics, l'autorisation de lancer la foudre aux éléments de Boko Haram.

Les autorités camerounaises ont elles perdu le sommeil au moment où il ne se passe presque plus de jours sans attentat-suicide à l'Extrême-Nord du pays ?

En fin 2015, le gouvernement a établi à 1068 civils, et à 70 militaires et policiers, le nombre de personnes ayant perdu la vie au Cameroun dans le cadre de la guerre contre Boko Haram.

Du 13 au 25 janvier 2016 (soit en près de deux semaines), au moins 57 personnes ont perdu la vie, et 70 autres ont été blessées, dans les attentats-suicides perpétrés par Boko HHaram à l'Extrême-Nord du Cameroun, tous des civils comprenant femmes et enfants, soit 11 morts à Kouyapé le 13 janvier 2016, 5 à Nguetchewe le 18 janvier 2016, 37 à Bodo, le 25 janvier 2016 et 4 à Kerawa.

Armand OUGOCK, Yaoundé

Armand Ougock

Koaci.com

 
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