Cameroun - Succession de Paul Biya: Joseph Owona considéré comme un traitre après son livre

L’après Paul Biya est un sujet tabou au Cameroun. Plus encore pour ceux qui occupent de hautes fonctions ou l’ont fait par le passé.Joseph Owona vient pourtant de braver cet « interdit » en commettant tout un ouvrage sur le sujet. L’ancien secrétaire général de la présidence a en effet publié chez l’Harmattan en 2015 un livre intitulé: «Les systèmes politiques précoloniaux au Cameroun». 

 Dans l’ouvrage dont la cérémonie de dédicace a eu lieu le 22 janvier 2016 à Yaoundé, l’agrégé de droit public et de sciences politiques soutient qu’« une des solutions d’avenir de nos institutions sera d’inventer l’alternativité, une alternativité équitable dans un Cameroun réputé comme étant une Afrique en miniatureL’alternativité régionale s’avèrerait peut-être comme la règle la plus souhaitable, consistant en une rotation du pouvoir suprême entre toutes les régions du pays (…) rompant avec le fameux ping-pong Nord - Sud», peut-on lire de l’extrait publié ce 29 janvier 2016 dans les colonnes de Mutations.   

Le problème c’est que l’auteur du livre a passé 19 ans dans les arcanes du pouvoir. Mutations affirme d’ailleurs que ses anciens collègues du gouvernement considèrent l’acte comme de la haute trahison vis-à-vis d’un système qu’il a servi hier. Trahison parce que Joseph Owona n’a pas seulement été un membre du sérail. Il en a été l’un des plus influents. Pour s’en convaincre, notre confrère retrace les grandes lignes du parcours de celui qui vient de passer 2 ans et demi à la tête d’un Comité de normalisation à la Fédération camerounaise de football

« Entré au gouvernement le 24 août 1985, il en est ressorti le 08 décembre 2004. Soit près de deux décennies plus tard. Entre temps, l’ancien chancelier de l’université de Yaoundé ( 22 août 1983 au 13 septembre 1985), a été tour à tour secrétaire général adjoint de la présidence de la République ( 24 août 1985 au 16 mai 1988), ministre de la Fonction publique et du Contrôle de l’Etat (16 mai 1988 au 7 septembre 1990), ministre de l’Enseignement supérieur (7 septembre 1990 au 9 avril 1992), secrétaire général de la présidence de la République (9 avril 1992 au 21 juillet 1994), ministre de Santé publique (21 juillet 1994 - 19 septembre 1996), ministre délégué à la présidence de la République chargé du Contrôle supérieur de l’Etat (19 septembre 1996 – 7 décembre 1997), ministre de la Jeunesse et des Sports (1997 – 2000), enfin ministre de l’Education nationale (18 mars 2000 – 8 décembre 2004) », énumère le journal.  

Un parcours qui, soutiennent les pontes du régime, devrait amener Joseph Owona à observer une certaine réserve. 

Jean-Marie Nkoussa

Cameroon-info.net

 
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