Cameroun – Stade Ahmadou Ahidjo : Des défaillances criardes dans les travaux de réhabilitation

Le drame qui s’est produit le jeudi 12 mai au stade omnisports de Yaoundé, est imputable à des erreurs humaines selon des observateurs.

Le Stade Omnisports de Yaoundé ne s’est pas effondré. L’édifice érigé lors de la Can organisée en 1972 par le Cameroun reste debout. C’est plutôt un éboulement qui s’est produit à l’une des entrées du stade. Un mur de terre a cédé, ensevelissant trois ouvriers ferrailleurs.

Les travaux d’amélioration du principal stade de football du Cameroun, se déroulent à un rythme effréné. Des manquements sont toutefois observés au quotidien. L’on aurait même pu déplorer davantage d’accidents majeurs sur le site, outre le décès deMboutga Soare et les deux autres blessés de jeudi dernier. Des cas de blessures plus ou moins légères sont régulièrement enregistrés, selon des ouvriers ayant requis l’anonymat.

La première cause du sinistre du 12 mai, serait la pluie qui s’est abattue quelques heures plus tôt sur la ville de Yaoundé. Selon des ouvriers le sol n’a pas eu le temps de s’assécher. L’endroit sur lequel s’est produit le drame avait été choisi pour la construction d’un nouveau tunnel d’accès au Stade. C’est en principe un passage  réservé aux véhicules. Le site présente un mur de terre et une faille de plusieurs mètres de hauteur. L’impressionnante motte de terre est protégée en partie par une simple barrière de planches. De plus l’ouvrage subit continuellement les vibrations provoquées par le trafic routier à l’entour. Quatre ouvriers nouvellement recrutés par une société égyptienne était donc à l’ouvrage sous cet édifice très instable. Difficile de survivre en cas d’éboulement !

L’accident de jeudi dernier serait aussi imputable à la forte pression exercée par les pouvoirs publics, sur les sociétés en activité au Stade omnisports de Yaoundé. La Can 2016 de football féminin va se dérouler du 19 novembre au 3 décembre prochains. La cérémonie de lancement de la compétition aura donc lieu dans six mois. Une cause de stress forcément ! les travaux se dérouleraient de jour et de nuit.

D’autres insuffisances sont à mettre l’actif cette fois de la société égyptienne. De prime abord des contremaitres égyptiens ne parleraient pas un mot de français. Ils s’exprimeraient uniquement en arabe. Un obstacle de taille que la barrière linguistique, dans la réalisation d’un tel ouvrage. A ceci s’ajoute le non respect des mesures de sécurités habituelles dans la réalisation d’ouvrages majeurs. Les ouvriers travailleraient en effet sans l’assistance d’un chargé de la sécurité sur le terrain. Il s‘agit d’un professionnel dont le rôle est d’évaluer les risques auxquels s’exposent les ouvriers, et de prendre des mesures préventives. L’on n’oublie pas le manque d’équipements de protection individuelle. La chasuble est le principal équipement dont disposent les travailleurs ici.

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— Camer24 (@Camer24) 12 mai 2016

Le Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé a désormais enregistré un sinistre. Toutefois le drame longtemps prédit par des tiers, ne s’est pas produit au cours d’une rencontre sportive. C’est étrangement lors des travaux de réfection demandés à cor et à cris, par les habitués du site. Le bilan aurait pu être plus lourd, quatre ouvriers au total ayant été commis à l’ouvrage. Le quatrième ouvrier est un miraculé. Il s’est en effet vu confier une autre tache quelques secondes avant le drame.

© CAMERPOST par Olivier Ndema Epo

 

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