CAMEROUN / SEPTENTRION : L’accès aux soins de santé demeure problématique

Il en est de même pour la disponibilité des traitements contre le Vih, la tuberculose et le paludisme dans les autres régions du pays.

La répartition du nombre de patients par centres couverts de prise en charge en fonction des régions présente un gap important. Ceci, d’après le rapport de Positive Generation sur le Treatment Access Watch (TAW), un observatoire indépendant et communautaire de suivi de l’accès aux soins et services de santé des usagers des services VIH/Sida, tuberculose et paludisme.

Ce rapport démontre qu’en 2015 pour le cas du VIH/Sida, ce sont 3 525 patients  qui ont été pris en charge dans l’Adamaoua, 4 243 dans l’Extrême-Nord et 48 14 dans le Nord. Ceci, contre 10 163 à l’Ouest, 18 044 au Littoral et 20 243 dans le Centre. «Les régions du Centre et du Littoral sont celles qui sont les mieux couvertes par le TAW avec respectivement 16 et 12 structures de prise en charge, et 30% de la file active suivie, ce qui est cohérent avec le fait que les villes de Yaoundé et Douala constituent les localités qui comptent le plus grand nombre de personnes sous traitement ARV», justifie le rapport.

Aussi, ce même rapport faitil savoir, toujours sur l’état de l’accès aux soins services et médicaments pour le VIH, que 2.2% des formations sanitaires observées (Soit 8 centres couverts dans la région du Nord, 8 dans l’Extrême-Nord et 7 dans l’Adamaoua), ont souffert des ruptures en antirétroviraux. Néanmoins, cela «représente une amélioration par rapport aux années précédentes (18,8% 2014, et 20,6% en 2013). Par contre les ruptures en cotrimoxazole persistent avec 12.2% des formations sanitaires en moyenne en rupture», nuance-t-il. Lequel précise aussi que l’accès aux examens biologique reste bien plus problématique.

«D’une manière générale, dans 23,5% des formations sanitaires observées, les examens biologiques ont été à un moment ou à un autre indisponible. Le bilan d’orientation a connu des épisodes de rupture dans 31,2% des centres, le bilan de suivi dans 21,7% et le bilan pré thérapeutique dans 17,6% des structures de prise en charge. Mais la pratique des surcouts dans la dispensation des examens biologiques reste l’un des freins majeurs à l’accès aux soins et services de santé en matière de lutte contre le VIH. En effet, 61,7% CTA et Upec observés durant l’année 2015 se sont adonnés à cette dérive au mépris des dispositions réglementaires.

Le bilan pré thérapeutique a été surfacturé dans 72,8% des formations sanitaires observées, suivi par le bilan de suivi dans 62,9%, et le bilan d’orientation dans 49,3% des formations sanitaires. Ainsi, 28,7% des formations sanitaires suivies ont exigé des frais supplémentaires pour le test de dépistage, et 20,5% d’entre elles pour les consultations», mentionne le rapport.

PALUDISME

«Dans 40,7% des formations sanitaires suivies, les Milda destinées à être distribués gratuitement aux femmes enceintes ont été vendus. Cette pratique est plus courante dans la région de l’Adamaoua, où elle a affecté 76,5% des formations sanitaires observées ». Telle est la conclusion que dresse notre rapport, non sans informer que «Les traitements du paludisme simple et grave chez l’enfant ont connu des ruptures dans 3,8% et 6,5% des centres respectivement ».

Pour ce qui est du traitement du paludisme chez la femme enceinte, dans 5,5% des cas, le traitement du paludisme simple a été indisponible, et dans 9,4% des cas pour paludisme grave. Ces dysfonctionnements ont été enregistrés dans 21,1% des formations dans la région du Centre. «Les ruptures en Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda) ont été très significatives, avec 66,3% des formations sanitaires observées affectées».

Une pratique a aussi été observée. Les surcoûts appliqués à la dispensation du traitement du paludisme grave chez la femme enceinte. Lesquels «ont été appliqués dans 47,7% des formations sanitaires observées. 34,5% d’entre elles en ont fait de même pour ce qui du traitement pédiatrique du paludisme grave.

Par ailleurs, Le traitement du paludisme simple chez la femme enceinte quant à lui a été dispensé avec des surcouts dans 34,1% des formations sanitaires suivies. Ce taux est de 23,3% pour ce qui est de la dispensation de ce type de traitement chez l’enfant». Par ailleurs, «35,2% des structures de soins observées ont pratiqué des coûts supérieurs à ceux prescrits pour le test de diagnostic rapide de paludisme.

Dans la région du Sud-Ouest 65,1% des centres sous observation ont pratiqué des surcoûts pour ce service. Il est à noter que c’est également dans cette région que l’on enregistre le pourcentage le plus élevé des formations sanitaires ayant souffert de ruptures des TDR (26,4% des formations sanitaires touchées)».  

Camer.be

 
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