Cameroun: SAUVONS NOS ENFANTS OU MOURONS A LEUR PLACE

13 enfants décapités dans notre pays entre le 2 décembre 2015 et le 3 février 2016. 63 disparitions d'enfants de 0 à 9 ans signalées sur la même période. Ces faits ne doivent pas se dérouler dans l’indifférence.

 

 Notre indifférence serait synonyme de complicité. Les crimes rituels ne sont pas seulement la marque d’une société en panne, mais une société qui évolue vers une banalisation de la mort. Ces étapes sont celles qui ont précédé la généralisation de la barbarie dans de nombreuses autres régions dans le monde. Il ne s’agit pas simplement ici de protéger la vie des enfants, il ne s’agit pas simplement d’une question des droits de l’homme, mais de manière plus générale de notre rapport à l’humanité.

Frantz Fanon dans ses travaux qui ont été repris par l’historien et politologue Achille Mbembe démontre que la colonisation n’a pas simplement été une entreprise de prédation ou d’aliénation mentale. Elle a également été un processus d’ensauvagement, de déshumanisation et de banalisation de l’être. Ainsi le rapport que nous avons à la vie, ce mépris pour l’existence humaine tire également ses racine dans notre incapacité de nous défaire mentalement d’une partie du legs colonial. Ainsi, pour changer le Cameroun, nous devons également penser à changer notre conception de l’humanité, notre rapport au prochain et notre rapport à la vie. Ce processus mental est incontournable pour envisager une renaissance du Cameroun et de l’Afrique. L’absence d’indignation collective face aux crimes rituels est une marque profonde de notre résignation. L’incapacité des pouvoirs publics à faire face aux crimes rituels est un crime contre le peuple. Il est urgent que la société camerounaise dans son ensemble puisse se saisir de cette question.

Si certains ont facilement tendance à lier les crimes rituels aux pratiques ésotériques qui se développent dans notre espace, il est important d’appréhender également les crimes rituels sous l’angle d’une développement d’une criminalité transfrontalière qui pourrait bénéficier de très fortes complicités au sommet de l’Etat. Le commerce des parties génitales et des organes vitaux étant devenu un mécanisme d’enrichissement dans les pays pauvres. 

Nos enfants ont le droit de se promener, de jouer et d’aller à l’école en toute sécurité. On ne peut pas placer un policier derrière chaque enfant au Cameroun. Un Etat a le devoir de protéger ses enfants ne pas le faire c’est abandonner ses missions. Notre devoir est de rappeler aux pouvoirs publics que nous ne pouvons rester éternellement indifférents face aux crimes perpétrés contres les enfants, les jeunes.

Camer.be

 
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