Cameroun – Recensement des mototaxis : A peine 1% détiennent une plaque d’immatriculation à Douala

Le constat alarmant vient d’être fait au cours d’une descente sur le terrain du préfet du département du Wouri. Mardi le 1er mars 2016, Paul Naseri Bea et son équipe a noté qu’à ce jour, l’arrondissement de Douala 2ème n’a que 13 recensés. Double zéro pour Douala 1er et 5e  et 210 du côté de Douala 3ème.

Les responsabilités d’après l’équipe sur le terrain, étant partagées entre les mairies qui ne font pas assez de sensibilisation des mototaxis indélicates et les « benskinneurs » qui soupçonnent qu’il y a anguille sous roche autour de cette opération de recensement. Conséquence, cette couche sociale est introuvable dans les lieux d’identification de la cité économique.

Autrement dit, les quatre arrondissements continentaux de la rive gauche du fleuve du Wouri sont en déphasage criard avec les décisions prises de commun accord il y a de cela plus de deux mois. Notamment recenser les mototaxis de Douala dans un premier temps, avant de les immatriculer par la suite, contre présentation de la carte grise. Plus de 50 000 d’entre elles roulent incognito, font le transport en commun et nombreuses sont impliquées au quotidien dans les malversations de toutes sortes. A peine 1% d’entre elle détiennent une plaque d’immatriculation, donc existent illégalement.

La sortie du préfet vise à recenser cette catégorie de travailleurs en vue de la fiscalisation de leur activité. « Il nous revient que les motos taxis ont tendance à agir au-delà de tout contrôle. Il est question au cours de cette tournée de les sensibiliser pour les amener à se faire enregistrer et s’immatriculer auprès des services compétents » a réitéré Paul Naseri Bea. Il s’agit à terme de « sédentariser » ces travailleurs en les confinant dans des arrondissements précis, pour éviter les longs trajets, plus grands vecteurs d’accidents. A l’issue de l’évaluation de mardi dernier, l’autorité annonce avec fermeté la répression en début du mois d’avril 2016. Dommage pour les récalcitrants qui se disent surpris par la décision des autorités de leur imposer des plaques d’immatriculation. « Premier commentaire : un conducteur de moto-taxi ayant eu vent de la mesure, n’y voit qu’une manœuvre de l’Etat pour ponctionner notre  activité. Les nouvelles plaques ne visent qu’à nous imposer des frais supplémentaires dans une activité qui peine déjà à nourrir son homme », s’indignent les concernés.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

 

 
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