Cameroun – Présidentielle anticipée : Pourquoi faut-il modifier la Constitution ? 

Les thuriféraires du régime de Paul Biya multiplient des appels depuis le mois novembre 2015 pour lui demander d’anticiper la prochaine élection présidentielle au Cameroun. 

Seulement, cet exercice ne relève pas de son bon vouloir. Simplement parce la Constitution du 8 janvier 1996, modifiée le 14 avril 2008 n’a pas intégré, dans ses 69 articles, des cas d’anticipation d’une élection présidentielle sauf dans trois cas de figure, pour l’instant inexistant.

Le magistrat, Ayah Paul Abine, en service à la Cour suprême, qui fait office du Conseil constitutionnel explique à Camerpost, les trois hypothèses : « Une élection présidentielle « anticipée » dans la première hypothèse n’a lieu que si le Présidant de la République en fonction meurt. (…) La deuxième hypothèse d’élection présidentielle anticipée c’est le cas où le Président de la République en fonction démissionne. Enfin, une élection présidentielle anticipée est provoquée dans le troisième cas par un constat du Conseil constitutionnel que le Président de la République en fonction se trouve dans l’incapacité d’exercer ses fonctions ».

Aucune de ces trois hypothèses ne permet d’organiser une élection anticipée au Cameroun. C’est pourquoi, la semaine dernière les élites de la Lekié ont organisé une réunion à l’issue de laquelle, ils ont demandé à  Paul Biya de faire relire la Constitution pour rendre possible une élection anticipée.

Ceux qui signent ces appels,  estiment qu’ « en 2018 et conformément à la loi, le Cameroun devra organiser les élections législatives, les élections municipales, les élections sénatoriales et l’élection présidentielle. Au total quatre grands scrutins. (…) Le chef de l’Etat a pris l’engagement d’organiser la prestigieuse Coupe d’Afrique des Nations qui débutera en janvier 2019. Les infrastructures liées à l’organisation de cette Can doivent être achevées et réceptionnées en juillet 2018 : le stade d’Olembé à Yaoundé, le stade de Douala, le bitumage des principaux axes routiers, la construction des hôtels et hôpitaux etc. Après une analyse  profonde de la situation, au vu des défis à relever et tenant compte des préoccupations sécuritaires du moment et de l’agenda politique de 2018, les élites du Nord-Ouest   sont persuadées que l’organisation de quatre élections importantes en 2018 qui coïncident avec l’achèvement de tous les travaux  liés à l’organisation de la Can 2019 surchargera davantage l’agenda  présidentiel ».

© CAMERPOST par Ousmane Biri

 
Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau