Cameroun – Présidentielle 2018 : Le MRC condamne les appels à la modification constitutionnelle

Le partit de Maurice Kamto, le MRC, vient de publier un communiqué relatif à l’actualité politique au Cameroun. Me Emmanuel SIMH, le vice-président de cette formation politique n’a pas été tendre en vers le régime de Yaoundé.  Il rappelle d’abord que son parti « observe avec attention, depuis le début de l’année, les appels à candidature lancés en direction du président national du RDPC (…) ». Pour lui, tout ceux qui le font sont  « instrumentalisés par le pouvoir ».

Maurice Kamto à Bafoussam, le 21 novembre 2015. | © MRC

Maurice Kamto à Bafoussam, le 21 novembre 2015. | © MRC

Il commence d’abord dans ce document, dont CAMERPOST a eu copie, à indiquer « qu’un parti politique orchestre des appels de ses militants à la candidature de l’un de ses membres n’émeut pas le MRC et ne devrait pas focaliser l’attention de l’opinion; encore qu’en l’espèce le président national du RDPC est le « candidat naturel » de son parti et est légalement fondé à se présenter à cette élection ».

Mais il justifie sa sortie par la forme que ces appels sont en train de prendre.  Son parti se fâche et   condamne « avec la dernière énergie ce qui s’apparente à une véritable escroquerie politique ».  Car, « ces appels sont présentés comme venant du peuple ». Or, croit savoir le parti de Maurice Kamto, « le peuple camerounais souverain n’a donné aucun mandat à aucune organisation de quelque nature que ce soit pour parler en son nom, et le RDPC, sauf à confirmer que le Cameroun n’est jamais sorti du système du parti unique, ne peut présenter ces appels comme étant ceux du peuple ».

L’avocat va puiser dans les sources du droit pour justifier attaquer le fond du débat « Sur le fond, ces appels à une élection anticipée sont encore plus inadmissibles, tant sur le plan politique que sur le plan juridique ». La position est péremptoire. Respecter la Constitution n’est pas synonyme de la violer. « Violer la Constitution est un acte de haute trahison ».

Aussi met-il en garde les fonctionnaires.  « Et tous ceux, responsables publics, fonctionnaires et autres qui, par calcul et par souci de maintenir des positions et des avantages très souvent illégitimes, poussent le président de la République – à moins d’être des complices d’un appel initié par lui-même – à cette faute politique et à la violation de ses engagements constitutionnels pris sous serment, il convient de rappeler ceci: la loi pénale camerounaise dispose en son article 124: « Est puni de l’emprisonnement de six (6) mois à trois (3) ans tout individu dépositaire de quelque partie de l’autorité publique et tout fonctionnaire qui avec d’autres dépositaires ou fonctionnaires concerte ou délibère: a) Des mesures contraires aux lois ou aux textes d’application légalement pris ». Par ailleurs, leurs actes peuvent être passibles de l’article 157 du code pénal qui punit d’un emprisonnement de trois mois à quatre ans celui qui, par quelque moyen que ce soit, incite à résister à l’application des lois ».

© CAMERPOST par Ousmane Biri

 
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