CAMEROUN : Orange et MTN pour une énième identification des abonnés de téléphones mobiles.

L’on se rappelle le 27 mai 2009, l’ancien ministre d’Etat, ministre des Postes et Télécommunications, Bello Bouba Maïgari signait un arrêté fixant les modalités d’identification des abonnés et des terminaux des réseaux de téléphonie ouverts au public.

 

 Cet arrêté sera mis en exécution par son successeur, Jean Pierre Biyiti bi Essam, qui, dans un communiqué le 10 août 2009 annonçait que « l’opération d’identification des abonnés aux téléphones fixe et mobile est en cours », d’après les termes de l’arrêté du 27 mai. 3 ans plus tard, nous en sommes au même point apparemment, puisque les opérateurs leaders de téléphonie mobile au Cameroun semblent encore marcher à tâtons sur le chemin de l’identification effective de leurs abonnés.
 

En effet, une énième campagne d’identification vient d’être lancée il y a quelques jours mettant les clients dans tous leurs états. « Un jour Orange et MTN vont avouer qu'ils ne savent pas comment identifier. On ne peut pas demander tous les jours à une même personne qui est déjà passé plus de deux fois en 2 ans de revenir se faire identifier… » S’offusque Yvan.

Chez certains opérateurs, il faut s'aligner pour se faire identifier, et chez d'autres, il suffit de déposer un dossier avec tous les papiers demandés et le tour est joué. Dans les campagnes, l'identification se fait au porte à porte, car les plus âgés ne peuvent souvent pas aller se tenir pendant de longues périodes debout pour effectuer leur identification.

L'opération d'identification a elle été pensée avant d'être lancée par l'état camerounais, le système d'identification est-il fiable ? L'état camerounais a-t-il les moyens de centraliser ces données ? Tant de questions se posent.

Par ailleurs, l'état camerounais menace de suspendre tous les abonnés qui ne se seront pas fait enregistrer chez leur opérateur de téléphonie mobile respectif, mais peut-on coupé sa propre source de revenue du monde ? Ceci est une situation semblable à un collecteur d'impôt refusant de collecter les impôts de ses concitoyens. Sachant que les coûts des communications téléphoniques sont élevés en grandes parties à cause des taxes de l'état, comment couper les clients qui paient ces taxes ?

Les opérateurs ont été saisis au lendemain de la signature de l’arrêté, c'est-à-dire le 27 mai 2009. Malheureusement, on a constaté qu'ils ne bougeaient pas beaucoup, d'où le rappel à l'ordre du ministre en charge des Postes et Télécommunications.

Mais c’est le régulateur qui aurait dû se lancer dans ce rappel à l’ordre, pas le ministère…

Le ministère n’empiète pas sur les prérogatives de l’Agence de régulation des télécommunications. Qui peut le plus, peu le moins. D'ailleurs l'article 10 de l'arrêté fixant les modalités d'identification des abonnés et des terminaux des réseaux de téléphonie ouverts au public relève bien que c'est à l'Agence de Régulation des Télécommunications que revient la charge d'appliquer ces mesures. Il lui appartient de ramener l'orthodoxie qui n'était plus à l'ordre du jour.

Le délai accordé aux abonnés a souvent été reporté pour permettre que le plus grand nombre d'abonnés puisse s'identifier. On dirait ici que le nombre d'abonnés est statique et ils pourront donc tous s'identifier un jour.

Tout le système est visiblement à revoir de depuis sa conception. Quelles solutions faudrait-il donc appliquer pour l'améliorer et permettre une identification fiable des abonnés de téléphonie mobile au Cameroun?

Cameroun-online.com

Publié par Candide LLV

 
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