Cameroun – Messe de requiem : le peuple Bafou se souvient de Françoise Foning

Samedi le 23 janvier 2016, les habitants de ce village de la région de l’Ouest Cameroun ont pris part à la messe de requiem dite sous la tombe de la défunte maire de Douala 5ème.

Ils étaient plus d’une centaine sous la tombe de Françoise Foning samedi le 23 janvier 2016. Par un climat frais, une ambiance empreinte de tristesse et de douleur, jeunes et adultes, élites traditionnelles et religieuses, militants du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le Groupement des femmes d’affaires du Cameroun, ont une fois de plus coulé les larmes. Ils ont pleuré. Et ils ont prié pour le repos de l’âme de Françoise Foning décédée le 23 janvier 2015. Un an après sa mort, une messe de requiem a été dite. Le département de la Menoua, région de l’Ouest a vibré au rythme des mélodies religieuses. Des gerbes de fleurs ont été apposées dans ce grandiose et somptueux mausolée où repose la dépouille de l’ancienne maire de la commune d’arrondissement de Douala 5ème. Tous ont écouté les enseignements bibliques et dans leur tristesse étaient à comprendre le mystère de la mort. Et surtout au-delà, ont compris qu’en réalité, comme ont laissé entendre les prélats, nous sommes tous des pèlerins sur cette terre. Des touristes qui au bout de leur voyage, vont tout laisser et redevenir poussière.

Les proches, amis ou connaissances de la défunte ont célébré chacun à sa façon le premier anniversaire de la mort de la mort de celle qui a rejoint ses ancêtres à l’issue d’une cérémonie aussi dense que l’an dernier et qui a fait courir des centaines de personnes de Bafou et d’ailleurs. « Par notre, nous avons voulu marquer le caractère multidimensionnel de cette femme. Bafou-Baleng continue de pleurer l’une de ses filles les plus illustres. C’est une page de l’histoire de cette petite contrée qui en fait s’est tournée », ont avancé les riverains du coin. Elevée à la dignité de Grand cordon de l’Ordre national du mérite camerounais à titre posthume, Françoise  » Dalida » Foning ( Ma’a Mêfo’o Nkong-La’a) a été une femme d’affaires et politicienne camerounaise. Elle a été membre du Rdpc et présidente de l’Organisation des Femmes Chefs d’Entreprise Mondiales. Voilà ce que retiennent entre autres les populations de Bafou si accueillantes, chaleureuses et dynamiques.

 

A la découverte du terroir

Pour la petite histoire, Bafou est un village du Cameroun situé à l’Ouest en pays bamiléké. Là s’y trouve une des plus grandes chefferies du pays et la plus grande du département de la Menoua. On y parle le yemba, un dialecte bamiléké. Les villages frontaliers de Bafou sont Bagang, Baleveng, Bamendou, Fotomena, Foto, Fongo-tongo, Fosimody et Bamoubock. La chefferie a été fondée vers 1520 par un chasseur dénommé Tala venu de Baleveng. Bafou vient de pouo-fouh, « le peuple des gens qui cherchent, qui fouillent, qui n’acceptent rien sans en comprendre le fond », a-t-on appris.

Le Lemou est un festival culturel biennal qui a pour but de valoriser la culture Bafou et de permettre aux populations de s’affirmer. Il est régulièrement organisé. Men-lepeh, situé à 1 km, est le premier site d’implantation de la chefferie. Plus grand lieu sacré du village, il abrite les crânes des onze premiers souverains. Les sociétés coutumières y siègent souvent. La statue de Fozap est l’objet le plus prestigieux de la chefferie. Elle commémore Fo’o Zebaze dit Fozap (1728/1774), 11e roi de la dynastie. Excellent guerrier, ce roi surnommé « le conquérant » a agrandi le territoire de la chefferie à ses limites actuelles. Il s’est fait sculpté cette statue où il pose en compagnie d’une de ses épouses nommé Duazong peu de temps seulement avant sa mort. Bafou, c’est aussi de nombreux ruisseaux, notamment la partie Nord et les quartiers de Nziih et de Tchoutsi.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Linda Mbiapa, stg à Bafou

Réactions

Richard Feugwang, Président Rdpc Wouri V : « Elle a été incontestablement une référence politique au Cameroun aux atouts incommensurables »

Nous sommes venus aujourd’hui pour rendre hommage à une femme qui avait choisi tout au long de sa vie de mettre son génie au service du collectif. C’est un honneur tout autant qu’une douleur d’être ici devant vous en ma qualité de successeur politique de Mme Foning à la tête de la section Rdpc Wouri V, pour rendre hommage à une grande voix qui s’est éteinte le 23 janvier 2015. Mesdames et messieurs, chers camarades, c’était un être exceptionnel au parcours atypique et qui nous manque à tous et à chacun en particulier. Elle a été incontestablement une référence politique au Cameroun aux atouts incommensurables. Son Excellence le président Paul Biya était son idole. Elle pouvait tout abandonner sauf son attachement aux idéaux du Président de la République. Elle a été l’une des rares à prendre l’initiative de faire comprendre aux militants le bien-fondé de la politique de fait, de démocratie qu’incarne le Chef de l’Etat. Nous sommes et resterons affligés par sa disparition malgré les temps qui passent. Elle survivra dans nos esprits comme si c’était hier. Il est vrai que cette personne est inoubliable tant ses qualités et sa grandeur d’âme sont restées marquées à jamais. Chacun se rappelle d’une situation de parole ou d’une action qui se rattache de manière indéfectible au souvenir de Mme Foning. Chacun ici aura certainement une anecdote à raconter concernant la défunte. Maman partageait tout, sa maison, ses repas et surtout son argent. Chère maman, depuis que tu nous as quittés, beaucoup de choses ont changé. Malgré tout, tu resteras toujours cette maman charmante, accueillante et chaleureuse, toujours disponible pour ton parti pour lequel tu as déployé toute ton énergie ; tu nous rappelais que le militant est à l’image du militaire qui doit être debout quelque soit l’heure, les circonstances, le devoir doit être fait. Tu nous as appris que la politique c’est la présence. Qu’allons-nous devenir sans tes précieux conseils ? Tu nous observes de là où tu te trouves, nous voudrions que tu nous guides comme l’étoile qui a guidé les rois marges à la naissance de Jésus. Merci pour ton bon héritage que tu nous as laissé.

Tsobgny Salomon, Chef de famille : « A mes frères et sœurs j’aimerais que nous continuons à cultiver l’amour, le pardon, la confiance que maman nous a laissé »

Il y a exactement un an que maman nous as quittés, votre présence, votre compassion, votre soutien m’amènent à comprendre que je ne suis pas seul ; comment ne pas se souvenir de ces milliers d’hommes et femmes qui ont eu le cœur rivé à Baleng. Je dis merci au Président de la République qui, par la signature d’un décret, témoignait d’un amour fort d’un grand-frère envers sa petite sœur. Nous ne cesserons jamais de dire merci. A votre charmante épouse, Maman Chantal Biya, merci. A mes frères et sœurs j’aimerais que nous continuons à cultiver l’amour, le pardon, la confiance que maman nous a laissé. J’ai ma part de responsabilité dans l’incompréhension, à ceux-là, je leur demande pardon. Nous devons favoriser le repos de l’âme de maman qui souhaite voir ses enfants avancer unis. Maman, tu es une femme multidimensionnelle. Tu étais mon amie, ma moitié, cet amour, cette complicité, cette relation particulière qu’il y avait entre nous, m’amènent à être convaincu du salut de ton âme. Je profite également pour remercier Fritz Ntonè Ntonè, le délégué du Gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala. Aux enfants de la section Rdpc Wouri V je voudrais dire que nous sommes les enfants d’une même mère et d’un même père notre président national, le président Paul Biya. Nous sommes appelés à avancer dans la paix. Je rappelle le projet de la construction d’un musée Foning pour pérenniser son œuvre à Bafou. A la population de Douala 5ème et de Bépanda, merci pour le soutien que vous avez apporté à la mère en son temps et que vous continuez de nous apporter aujourd’hui. A toutes les autres communautés de Douala 5ème, je vous dis merci.  Maman tu as laissé les marques indélébiles dans nos vies. Nous ne t’oublierons jamais. Je réitère mes remerciements à tous et à toutes pour votre présence à la cérémonie de commémoration de ce samedi. Maman, à jamais, tu nous manqueras.

Source : © La Nouvelle Expression

Propos recueillis par L.M. Stg à Jonhy-Baleng

 
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