Cameroun, Mathias Owona Nguini : Le livre « subversif » interdit de dédicace.

Alors que l’essai de 406 pages rédigé sous la coordination du politologue, de Jean-Bosco Talla et Guillaume-Henri Ngnépi devait être dédicacé par une conférence hier 28 janvier 2016 à Yaoundé, une escouade de policiers et de gendarmes armés jusqu’aux dents a envahi l’hôtel Somatel. Le Mrc de Maurice Kamto indigné.

Prévue à 14 heures, la dédicace-conférence de « Société civile et engagement politique au Cameroun », opuscule d’enquêtes, d’analyses, d’enjeux et des perspectives du landerneau politique camerounais, n’a pu se tenir. Raison. Une décision de Yampen Ousmanou, sous-préfet de Yaoundé II, est venue anéantir les espoirs du nombreux public mobilisé pour la circonstance.

Au lieu dit Montée aurore où se situe l’hôtel Somatel, de nombreux membres de la société civile dont Frank Hubert Ateba, Médard Lipot du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), devisent avec Mathias Eric Owona Nguini (de tout son nom), enseignant de science politique à l’université de Yaoundé II à Soa. Policiers et gendarmes veillent au grain. Les Hommes de média, quoique habitués des scénarios, médusés. Que tout de même de signatures « irrévérencieuses » dans l’ouvrage ! Mathias Eric Owona Nguini, Alawadi Zao, Henriette Ekwe, Jean-Bosco Talla, Cabral Libii.

« Considérant les nécessités de préservation de l’ordre public, est et demeure interdite dans l’arrondissement de Yaoundé II, la réunion publique projetée par sieur Jean Bosco-Talla, directeur de publication de Germinal (…) l’organisation d’une conférence dédicace (Grande palabre) de l’ouvrage : Société civile et engagement politique au Cameroun.

Plus loin, la décision de l’administrateur civil qui traine la réputation de bourreau des manifestations de la société civile dans la capitale, énonce les motifs. « La Grande palabre n’a pas d’existence légale ; le journal Germinal n’a pas vocation à organiser des dédicaces. Le risque potentiel de trouble à l’ordre public reste constant », peut alors lire sur le document daté du 25 janvier 2016 et dont les intéresses avouent n’en avoir été notifiés qu’à l’heure de la dédicace, de même que la direction de l’hôtel qui en aurait été notifié un peu plus tôt ce même jour du 28 janvier.

En attendant la suite de l’affaire que les organisateurs ont dit porter au tribunal administratif de la Cour suprême, le livre qui coûte 30,4 euros (20 000 francs Cfa), se vend dans toutes les bonnes librairies de la place, telle à la librairie des éditions Clé.

Camer.be

 
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