Cameroun – Lutte contre Boko Haram : l’urgence d’une mise à niveau des plateaux techniques des hôpitaux de la zone septentrionale

La lutte contre la secte islamiste Boko Haram et son corollaire de victime de guerre vient rappeler de manière brutale et triste une évidence : les hôpitaux de la zone septentrionale sont sous équipés, désuets et incapables de prendre en charge de manière adéquate certaine victimes.

Le 15 février 2016, le ministre de la communication camerounais Issa Tchiroma Bakary donne un point de presse. Il présente le coup d’éclat des forces de défense et de sécurité camerounaise en territoire nigérian le 11 février 2016. Lors de cette opération, le véhicule qui transportait le lieutenant-colonel Kwene Ekwele Beltus Honoré saute sur une mine. Le jeune officier est grièvement bléssé. Transporté par hélicoptère sur Maroua, puis par avion spécial vers Douala, le lieutenant-colonel Kwene Ekwele Beltus Honoré succombe à ses blessures. C’est une illustration qui démontre de manière triste mais éloquente, l’urgence de relever les plateaux techniques des formations sanitaires dans les régions septentrionales.
La réalité de cette guerre et la violence des attaques est venue mettre sur la table et à la face du monde le piteux visage que présente la carte sanitaire dans le grand nord Cameroun. Aucun hôpital général, aucun hôpital de référence, encore mois de formation sanitaire spécialisées. Seuls les hôpitaux régionaux vétustes et mal équipés assurent avec peine le service minimum. Le résultat au-delà de l’évacuation des blessés de guerre, est l’obligation pour les populations d’effectuer le déplacement vers le sud du pays avec ce que cela implique en termes d’efforts financiers. Le projet de construction d’un hôpital de référence à Garoua tarde à se concrétiser. Certes il existe des formations sanitaires privées confessionnelles qui tentent de relever le défi mais dans ce secteur, l’Etat devrait garder la main en prenant à bras le corps le problème.

Le plan d’urgence triennale pour l’accélération de la croissance au Cameroun lancé en 2014 par le Chef de l’Etat camerounais Paul Biya comporte bien un volet santé. De manière concrète il s’agit du  programme de construction des hôpitaux de référence dans les chefs-lieux de Région ne disposant pas d’hôpitaux généraux ; et le programme de réhabilitation et de mise à niveau des plateaux techniques des hôpitaux régionaux de Yaoundé, de Douala et celui du Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé.  Vivement que ce plan d’urgence soit mis en œuvre. Il est d’autant plus urgent pour ce qui est des régions septentrionales non seulement parce que Boko Haram y sévit mais surtout parce qu’il y a un retard à rattraper dans le secteur de la santé.

© CAMERPOST par Hakim ABDELAKDER

 
Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau