Cameroun: Le chef de Kalakafkra arrêté pour « collusion avec Boko haram » libéré

Il avait été arrêté avec deux de ses notables pour « collusion avec Boko haram ».

Brahim Djagara, le chef de canton de Kalakafra, une localité non loin de Kousséri, Hissein Djagara, son petit frère et notable et Boukar Abakaka un autre notable sont libres. Ils ont été élargis par les enquêteurs de la gendarmerie de Kousséri hier à 17 h. « Finalement ce n'était qu’une banale affaire de terrain. Un petit litige foncier et un journal a mis à sa une qu’il s’agit d’une affaire de collusion avec Boko haram », s’indigne Mahamat, un proche du chef de Kalakafra.

L'article de notre confrère l'Œil du Sahel sans malveillance pour les personnes interpellées décrivait la lourde chape de suspicion qui pèse sur les populations de l’Extrême-Nord. Il suffit d'une moindre délation pour que des forces de maintien de l'ordre précipitent la perte d'honnêtes gens. L'affaire de la chefferie de Kalakafara n'en est qu’une illustration. Le chef et sa cour ont décidé de prêter un espace agricole à une petite communauté Arabe Shoas.

Cette cession n'est pas du goût de Djibrine Dallaye, le blama (chef d'une moindre importance, Ndlr) de Kazal un tout petit village. Il convoite cet espace qui n'appartient pas à sa juridiction. Quoique de mère Arabe, ce kotoko voulait déloger ses cousins. Sous le prétexte de faire des terres convoitées une forêt communautaire, il va harceler ses voisins de Kalakafara quelques kilomètres plus loin.

Il a déposé plusieurs plaintes chez toutes les autorités administratives de la région en vain. Puis lui est venue l'idée diabolique de fabriquer le motif imparable: collusion avec Boko haram. Les forces de maintien de l'ordre n'y résistent que rarement. En fonction de leur culture judiciaire, de leur cupidité ou de leur corruption, l'on finit toujours par au moins une garde à vue mouvementée ou une longue disparition.

C'était sans doute pour que lui soit appliquée cette dernière hypothèse que Djibrine Dallaye a dénoncé les notables de Kalakafara. L'on ne sait sous quelles conditions ils ont été libérés mais, ils devront se dépenser pour se rétablir une respectabilité après la calomnie dont ils ont été victimes.

Aziz Salatou

237online.com

 
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