Cameroun - Hugo Broos - Interview: «Il n’y a eu aucun contact entre Roger Milla et moi»

Il a affirmé qu’il avait bel et bien postulé après la publication de l’appel à candidatures lancé en décembre passé. Il considère que sa première expérience de sélectionneur ne lui fait pas peur car, dit-il, les Lions Indomptables sont une équipe de football comme les autres. Voici dans son intégralité l’entretien qu’il a eu avec nos  confrères Adèle Mballa Atangana et Paul Ngougnou.



Belle cérémonie réservée à vous au palais des sports. Bel accueil n’est-ce pas ?

Certainement. J’étais surpris avec cette cérémonie de cet après-midi. Ça veut dire que le poste de sélectionneur ici au Cameroun est très très important…


Vous comprenez bien  tout à fait. C’est les dix régions ensemble pour vous accueillir...

C’est très bien. J’espère que je ne vais pas décevoir les Camerounais.


Vous ne figuriez pas sur la short list dressée par le Cameroun. Vous êtes un peu comme une surprise. Qu’est-ce qui explique selon vous que vous ayez été en définitive retenu pour ce poste ?

Premièrement j’ai postulé avant le 15 décembre. J’ai envoyé mon dossier. Et alors c’est ce qui s’est passé. Il y a des gens qui ont décidé  que ce serait moi qui serais choisi comme sélectionneur national. J’ai reçu un message il y a une bonne semaine qui disait que j’ai été choisi  come sélectionneur de l’équipe nationale camerounaise. Et à part ça comment et quoi …


Votre première réaction …

Je suis très très heureux d’être ici.


Hugo Broos le nouveau boss des Lions indomptables. C’est bien la première fois que vous prenez la direction d’une équipe de l’envergure des Lions indomptables du Cameroun. Alors, vous sentez-vous à la hauteur de la tâche ?

Certainement. Je ne  suis naturellement pas un entraîneur qui  ne travaille que depuis quelques années. J’ai déjà eu une carrière de  25 ans derrière moi. J’ai été entraîneur des plus grands clubs en Belgique. J’ai gagné des titres, j’ai gagné des Coupes. J’ai été élu quatre fois meilleur entraîneur de mon pays.  Je pense qu’avec une expérience pareille, on est prêt à prendre une équipe comme les Lions  indomptables.


Mais c’est une équipe nationale et c’est la première fois que vous êtes à ce niveau.

Où est la différence ? Je ne comprends pas très bien que les gens disent : « oui mais, c’est une équipe nationale ! » C’est une équipe de football !  


C’est une équipe nationale fanion d’une grande nation sportive!

Je suis tout à fait d’accord mais où est la différence entre une grande nation de football ici en Afrique et la meilleure équipe de la Belgique?   On joue au foot !


Dites-nous que savez-vous précisément du football camerounais et notamment des Lions dont vous prenez la direction ?

Ecoutez  j’ai toujours admiré cette équipe des Lions indomptables, des grands joueurs  comme monsieur Milla, comme Eto’o, comme Song…


Roger Milla, c’est votre ami ?    

Mon ami (moment d’hésitation) ! C’est la première fois que j’ai rencontré monsieur Milla cet après-midi. J’ai vu Milla quand il était joueur…


Quelques écrits échangés entre vous pendant ces négociations ? 

Non ! Il n’y a eu aucun contact entre moi et monsieur Milla.


Que savez-vous des Lions indomptables ?

Comme je viens de le dire ça a été toujours une équipe qui faut des résultats surtout  ici en Afrique. Elle a participé aux dernières Can, aux Coupes du Monde. Ça veut quand même dire qu’il y a beaucoup de qualité.  Il y a toujours eu beaucoup de qualité. Il y a beaucoup de qualité qu’on voit dans cette équipe.    


Des gens comme vous, on les appelle les « sorciers blancs ». Et on vous dit: il faut réenchanter les Camerounais à travers les victoires des Lions. Etes-vous prêt pour cette mission ?

Oui. Certainement autrement je n’aurais  jamais accepté. Parce que du moment qu’on est prêt et qu’on accepte quelque chose, c’est pour la réussite.

On insiste parce que, voyez-vous, ma question se pose votre contrat avec la JS Kabylie aurait été interrompu pour absence de résultats. C’est en tout cas la réputation qui vous précède ici au Cameroun. Qu’en est-il  exactement ?   

C’est moi qui ai quitté la JS Kabylie.


Et pourquoi ?

Je pense que dans ce pays, on connaît tous Ebossé. On sait ce qui s’est passé à la Js Kabylie. J’ai vu assassiner un joueur  devant les yeux. Je pense que quand on a vécu, quand  on vit un tel moment, c’est impossible de rester. C’est impossible ! On a frappé. C’est quelque chose que je ne vais jamais oublier. Donc à ce moment-là, il y avait une solution pour moi : c’était quitter la Jsk.


Vous vous sentez comme un « sorcier blanc » ?

Pas du tout. Je pense qu’un sorcier sait faire des miracles. Moi, je ne sais pas faire des miracles.   


En tout cas, dans l’immédiat, vous êtes interpellé par les éliminatoires de la Can 2017. Vous jouerez contre l’Afrique du Sud le 26 mars ici au Cameroun, certainement à Limbe, puis le 30 en Afrique du Sud. Alors votre baptême du feu. Ce sera là qu’on vous verra, maçon au pied du mur. Est-ce que vous êtes prêt ? Comment vous vous y préparez ? Est-ce que vous avez commencé d’ailleurs ?

Je suis déjà en train de préparer les deux matches de la fin du mois de mars. Dès que j’ai eu le message que je serai choisi comme sélectionneur pour le Cameroun, j’ai commencé directement  à avoir des informations. J’ai regardé les jours de matches des Lions indomptables, j’ai fait un inventaire des joueurs camerounais  qui jouent en Europe, mais aussi de ceux qui jouent ici au pays. Je sors juste d’une réunion avec mon staff. A propos de tout ça, de préparer  déjà le match ici au Cameroun mais aussi un déplacement en Afrique du Sud.  Je sais que ces deux matches sont très importants pour moi parce que je débute dans ce pays. Ils sont aussi très importants pour le pays. Si on peut faire de très bons résultats dans ces d eux matches …


Un très bon signal sera donné…

Ce sera naturellement un très bon départ      


Alors boss, le public des Lions indomptables est très exigeant. Que devra-t-il attendre de vous ? Que lui promettez-vous  déjà dans ces deux matches à venir ?    

Je pense qu’il y a une chose à promettre : ce sont des victoires. Je ne suis pas venu au Cameroun pour perdre les matches.


Nous voulions l’entendre dire de votre bouche. Et en bon français. C’est déjà ça de bien également…

Je suis condamné à le faire. Vous savez qu’en Belgique, on parle les deux langues que sont le flamand  et le français.


Vous êtes flamand de toute façon…

Je suis flamand.


Par votre nom on l’avait deviné on s’est dit oh si vous parlez néerlandais à nos Lions indomptables, mais là on est dans le français bien pensé c’est déjà ça. Pour donner  des directives à l’équipe. Bienvenue encore une fois et on va vous dire bon vent à la tête des Lions indomptables monsieur l’entraîneur-sélectionneur. Et votre contrat vous en êtes très content ? Aujourd’hui vous l’avez certainement encore relu. Bien signé ?

Tout est signé. Pour moi maintenant  tout ce qui compte sur le court terme ce sont les deux matches contre l’Afrique du Sud.


Bilan dans deux ans certainement pour votre contrat qui va courir pour deux années.

Oui c’est ça.        


Propos recueillis par la CRTV-télé

Retranscrits par Robert Ndonkou 

  

 

 

 
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