Cameroun/France - Michel Thierry Atangana: «Que la France cesse de protéger le Cameroun, de manière consciente ou non !»

Michel Thierry Atangana vit et il est en bonne santé. L’homme d’affaires franco-camerounais, détenu dans le cadre d’une affaire de détournement de fonds publics, a été libéré le 24 février 2014 après avoir passé 17 ans derrière les barreaux au Cameroun. Il a aussitôt pris la direction de la France où il essaye de se reconstruire peu à peu. 

 

A l’occasion du deuxième anniversaire de sa libération,Mutations l’a joint au téléphone. Dans le numéro en kiosque du journal ce jeudi 25 février 2016, l’ancien bras droit de Titus Edzoa affirme être en bonne santé et dit vouloir se prendre en charge. «On me propose le revenu de solidarité active, alors que je ne suis pas un assisté. Je veux travailler. Ne peut-on pas protéger un homme qui se porte bien et se comporte bien ?», s’interroge-t-il.

Il est en santé et cherche du travail, mais M. T Atangana n’a pas tourné la page de sa longue détention qu’il qualifie à souhait d’arbitraire. A ce niveau, il adresse à la France, son pays d’adoption, un tacle sévère : «Les hommes politiques de ce pays se détournent des questions financières. Il y a comme une torpeur qui se caractérise par une précaution du langage devant le vulgaire de l’arbitraire. Tout en reconnaissant la pertinence des recommandations de l’Onu, on dit attendre ‘‘le moment opportun’’. On est en face d’une décision juridique qui s’accommode mal avec les couloirs qu’il faut arpenter, les négociations qu’il faut engager, les bruits qu’il ne faut pas faire. Que la France cesse de protéger le Cameroun, de manière consciente ou non !», tempête-t-il.

Pour aider ses lecteurs à comprendre la position de l’homme d’affaires, notre confrère rappelle qu’«au terme d’une enquête menée en 2013, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire avait jugé sa détention arbitraire, recommandé au gouvernement d’enquêter sur les faits et de sanctionner les personnes responsables de sa privation de liberté, puis demandé à l’Etat camerounais de verser à M. Atangana une indemnisation réparatoire des préjudices causés pour sa privation de liberté depuis le 12 mai 1997».

Ces conclusions n’ont jamais été appliquées. Il est d’autant plus furieux que l’intéressé se que « le 15 août 2014 à Toulon, à l’occasion de la commémoration du 70ème anniversaire du Débarquement de Provence, le président Biya avait déclaré à Jean-Yves Leconte, sénateur des Français établis à l’étranger, qu’il était disposé et prêt à corriger toutes les erreurs du dossier de Michel Thierry Atangana, qui n’est pas son opposant politique, qui n’a pas créé de parti politique contre lui et qui est un frère ».

En rappel, les compensations financières que M. T Atangana réclame à l’Etat du Cameroun pour sa «détention arbitraire» sont de 278 milliards FCFA.

Jean-Marie Nkoussa

 

 
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