Cameroun - Emploi. Universités d’Etat: Une grève imminente chez les enseignants

Le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) annonce une cessation d’activités jeudi et vendredi prochains à travers les campus du pays, pour paiement partiel de leurs primes de recherche


Un débrayage des enseignants du Supérieur se mijote dans les amphithéâtres des huit universités d’Etat du Cameroun, et devrait se mettre en branle dès demain, en raison du paiement partiel de la première tranche de la prime trimestrielle du fonds spécial d’appui à la modernisation de la recherche universitaire pour le compte du premier trimestre de l’année 2016. Le Syndicat national des enseignants du Supérieur (Synes) a,  à cet effet, lancé un appel à la grève, dans lequel il «invite tous les enseignants de toutes les universités d’Etat, à cesser toutes activités d’enseignements pendant deux jours, soit jeudi 26 mai 2016 et vendredi 27 mai 2016 si à cette date tous les enseignants ne sont pas toujours payés», lit-on dans le communiqué radio-presse rendu public lundi dernier par son bureau exécutif national, et dont La Nouvelle Expression a eu copie. Le contenu de ce document renseigne sur un début des opérations de paiement de cette prime, mais qui n’est pas effectif depuis les délais impartis au premier trimestre de l’année en cours, c’est-à-dire du 1er janvier au 30 mars, jusqu’à l’annonce de la grève.

Les lésés de ce fichier sont essentiellement les enseignants dont les noms commencent par les lettres «M et N», qui n’ont pas toujours pas perçu leurs dus, sans qu’aucune raison véritable ne soit donnée à leur syndicat par la tutelle. En outre, toutes les tentatives entreprises par le Synes pour engager un dialogue dans ce sens avec le Minsup, se sont avérées infructueuses. «D’abord, nous avons déposé une demande d’audience en janvier auprès du ministre de l’Enseignement supérieur pour discuter de ça, sans aucune réponse. Ensuite, nous avons déposé un préavis de grève le 9 mai 2016, et personne ne nous a appelés pour nous donner des éclairages à propos. Et c’est pour cela que dans notre appel à la grève, nous relevons que  les raisons restent mystérieuses. On n’a jamais compris pourquoi on paye partiellement. Personne ne veut communiquer dessus. Alors, on est tenté de dire que c’est une discrimination. Je dois également rappeler que les lettres «M et N», concernent environ 40% des universités parce que fort curieusement, ces lettres «M et N» n’ont pas de tribus car, on ne peut pas les identifier à un groupe sociologique», égrène le Pr Joseph Lebel Tamesse, Secrétaire exécutif du Synes.

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En effet, un préavis de grève avait été adressé le 9 mai dernier au Minsup, et résonnait comme la résultante de l’indifférence de Jacques Fame Ndongo aux préoccupations des enseignants. Lequel préavis est mort dans ses tiroirs et rien n’a toujours été fait jusqu’à dimanche dernier, date de son expiration. C’est ainsi que le Synes est monté d’un cran et entend exprimer son ressentiment suite à cette réaction silencieuse du ministre. De plus, il était prévu une audience entre les enseignants syndicalistes et le minsup le 18 février 2016, bien avant le congrès du Synes qui a lieu en mars dernier à Ngaoundéré, pour «faire le point sur le bilan de la gestion du compte d’affectation spéciale pour la modernisation de la recherche universitaire». Mais, le rendez-vous avait avorté, et n’a pas été reprogrammé, et les «frustrés» n’ont toujours pas été désintéressés. Il convient de souligner que le fonds spécial d’appui à la modernisation de la recherche universitaire a été mis en place en 2009 à la suite d’un décret du chef de l’Etat. Il oscille entre 365 000 et 1 060 000 Fcfa, et est fonction du grade de l’enseignant à l’université.

Yannick Kenné | La Nouvelle Expression |

 
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