CAMEROUN / Douala: Immigration clandestine

Malgré le nombre croissant des décès enregistrés lors de  l’immigration, beaucoup de jeunes  camerounais préfèrent  s’aventurer en Europe  au prix de leur vie.

Roméo est à sa deuxième demande de visa pour l’Europe en moins de trois mois.Malgré la difficile obtention, il ne perd pas espoir. Il est prêt à tout pour se rendre à l’extérieur du pays «Je n’ai aucun intérêt à rester  dans mon pays parce que la vie m’a déçu. Titulaire d’un master 2, il m’est difficile de décrocher un emploi.  Par contre si je parviens à me rendre hors du pays quelque soit l’emploi que je vais décrocher, je serais rémunéré», explique Roméo  Takam. «Tous les moyens sont bons, pourvu qu’ils aboutissent», poursuit-il. Ce dernier ne compte pas désister, car selon lui, il existe d’autres possibilités de voyager, bien qu’elles soient dangereuses.

En effet, il ne se passe plus des jours sans qu’on n’entende parler d’immigration. Des mouvements migratoires qui jadis ne concernaient que certains pays d’Afrique frappent de plus en plus aux portes du Cameroun. L’objectif pour ces jeunes est d’aller dans les pays occidentaux qui, pour eux un le lieu où  coulent  le lait et le miel : «Quoi qu’on dise  je ne saurai enlever de mon esprit que l’Europe  reste pour moi un continent où  l’on peut être épanouit sur tous les plans, donc je ferai tout pour m’y rendre, même s’il ne me reste qu’une dent à la bouche», raconte avec assurance Dorothée.

Le système des visas pour accéder aux pays européens, la difficulté pour les obtenir, et la création de l’espace Schengen, ont contribué au développement de filières migratoires clandestines. Elles sont désormais, pour les jeunes obsédés de l’immigration, la seule possibilité de réaliser leur projet.

Les raisons de leur départ

«J’ai du remord, lorsque je suis incapable de subvenir aux besoins de mes pauvres parents qui m’ont envoyé à l’école. Ici pour avoir un travail avec un salaire consistant, il faut  appartenir à une loge. C’est une grande  honte, c’est la raison pour laquelle je dois à tout prix  partir d’ici  et je crois que je vais réussir là où  mon destin m’appelle.» Ces propos sont de Joseph Kenfack, ingénieur en télécommunication. 

Dans ces dernières années,  les jeunes obsédés par le désir de se rendre en Europe, préfèrent  braver tous les obstacles à bord d’un bateau. D’après les informations recueillies, le chômage et la pauvreté constituent  l’un des facteurs favorisant l’immigration : «J’ai une seule envie dans mon vie, réussir», révèle Ernest. Les jeunes risquent tout pour ce voyage, et ils savent que leur futur ne sera pas aisé. Certains y laissent  leur vie. Atteindre la destination n’est pas chose facile. Mais les difficultés qu’ils rencontrent dans leur pays poussent des milliers de jeunes à préférer l’exode, même clandestin.

Face à cette situation, il est important de savoir les raisons des motivations de ces jeunes à  vouloir quitter leur pays. «Ce n’est pas de gaité de cœur que les jeunes vont à l’étranger, c’est tout simplement les  conditions de vie qui ne sont pas encourageantes», désole Hermann.  Toute fois, il convient de rappeler qu’à deux jours de la célébration  de la fête  de la jeunesse, qui est sans doute la cible la plus touchée par l’immigration, il est impératif de mettre sur pied un développement  qui fera changer les mentalités  et stopper également ce phénomène qui tue à petit feu. «Si on créait assez d’emploi, on  n’aurait pas besoin d’envier l’Europe   et chercher à si rendre au prix de notre vie», raconte  Eric P.

Camer.be

 
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