Cameroun: Discours de Paul Biya en réponse aux appels à candidature

Mes chers compatriotes,En 2018, j’aurai passé trente‐six années à la tête de notre cher et grand pays.

Trente‐six années de charge passionnante et exaltante. Trente‐six années au cours desquelles j’ai servi pleinement mon peuple, protégé notre constitution, préservé l’unité nationale et sauvegardé l’intégrité de notre pays. Nous sommes sur la bonne voie, et aucune cir‐ constance ne peut, au regard des projets en cours, nous détourner du chemin de cette émergence qui nous tend les bras. Je connais mieux que personne la formidable énergie qui est celle de ce peuple résolu à assumer son propre destin, à résister aux habiles si‐ rènes de la division. C’est conscient de ces atouts reconnus à la nation forte et indivisible qui est la nôtre que je Renonce à anticiper la prochaine élec‐ tion présidentielle. J’ai déjà eu à le dire : la présidentielle de 2018 est certaine, mais en‐ core lointaine. Et je vous engage une fois de plus à faire chaque chose en son temps. Terminons sereinement ce mandat des Grandes Réalisations. Et le moment venu, j’aviserai sur mon avenir politique. C’est aujourd’hui pour moi, et beaucoup plus que par le passé sans doute, un moment important de m’adresser à vous à cette occasion qui, de mémoire de nos concitoyens, ne rentre pas dans notre tradition républi‐ caine du 11 février et du 31 décembre.

Mes chers compatriotes,
Cela fait plus de trente trois ans que je préside aux destinées de notre cher et grand pays. Pendant toutes ces années, tous en‐ sembles, nous avons mené la longue et grande œuvre de construction nationale promise dans la préservation de la sécurité publique et la sauvegarde de la concorde nationale. Ces idéaux qui nous sont chers et qui constituent aussi le socle de notre vivre ensemble ont été doublement célébrés ré‐ cemment lors des cinquantenaires de l’in‐ dépendance et de la réunification. Depuis plus de trente‐trois ans, je me suis attelé à réformer en profondeur notre pays, pour lui doter d’institutions fortes et viables.

Sur le plan politique, notre engagement à la démocratisation de l’espace public permet, aujourd’hui, l’expression d’une pluralité d’opinions dont le résultat est la cohabitation pacifique d’une multitude de partis évoluant en toute liberté. Les institutions de la Répu‐ blique garantissent à ces formations politiques une participation régulière et pérenne aux différents scrutins organisés conformément à notre calendrier électoral et dont la libre expression et la transparence ne sont plus un secret pour personne. Notre démocratie et la stabilité de nos institutions ont plusieurs fois valu à notre pays les encouragements de la communauté internationale et l’inspiration de nombreux pays.

Sur le plan économique, après la douloureuse récession des années quatre‐vingt‐dix, notre pays s’est bien relevé grâce à la capacité de résilience que tous nos partenaires amis sa‐ luent en notre peuple. Aux efforts produits par nos concitoyens, aux sacrifices multiples consentis, le Cameroun a réussi à juguler la crise et à reprendre son inexorable marche vers le progrès.

Son impulsion, le Gouvernement, tirant tous les enseignements du Document Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté, a élaboré et mis en œuvre le Document Stratégique pour la Croissance et l’Emploi. Ce document est notre référentiel, car il dé‐ montre bien que toutes nos priorités sont centrées sur la création des richesses et s’appuient sur les créations d’emplois pour as‐ surer une bonne redistribution des fruits de la croissance.

Mes chers compatriotes,
En dépit de tous les tumultes qui ont jalonné ces trente‐trois années d’exercice de pouvoir, rien n’a pu altérer notre détermination à faire de ce pays, un grand pays riche et prospère. Le programme économique du Gouvernement et même le Plan d’urgence triennal s’inscrivent pleinement dans ces orientations de progrès que j’ai toujours voulues pour notre pays.

Dans cette mouvance, nous avons lancé dans les régions du pays où les conditions s’y prêtaient, de nombreux projets dits struc‐ turants. De la politique des Grandes Ambi‐ tions à celle des Grandes Réalisations, tous nos efforts ces dernières années ont été portés sur l’amélioration de l’offre énergé‐ tique, la modernisation de notre agriculture, le développement des infrastructures de communication et de télécommunications. La réalisation de ces grands ouvrages don‐ nera à notre économie la texture nécessaire pour inscrire pleinement notre pays dans l’émergence tant souhaitée. Ce n’est pas le moment de sombrer dans l’immobilisme, encore quelques efforts et nous y serons.

Je vais maintenant aborder avec vous un autre aspect hautement important de la vie de la nation. Notre cher et beau pays s’approche à grands pas d’une échéance décisive: l’élection présidentielle. Le bilan hautement positif que je viens d’évoquer me donne le crédit nécessaire pour solliciter, une fois de plus, le suffrage de notre peuple. Dans cette perspective, j’entends bien l’appel du Nord dont les populations dans leur solidarité agissante ont décidé de regarder dans la même direction pour contribuer à l’œuvre de construction d’un Cameroun uni, moderne et démocratique. Je saisis cette occasion pour réitérer toute ma sympathie aux militants, victimes de l’accident survenu sur l’axe routier Tcholliré‐ Garoua alors qu’ils se rendaient à un meeting politique ; J’entends également l’appel du Centre dont les élites portent au pinacle l’aspiration de leurs populations à m’engager de nouveau à les représenter à cette consultation électo‐ rale;

J’entends aussi l’appel du Nord‐ ouest par lequel certains militants ont ouvertement appelé à une anticipation du scrutin prési‐ dentiel ; J’entends tout autant l’appel de l’Ouest dont l’invitation à me présenter à cette importante échéance n’a pas manqué de mettre en avant l’intérêt de s’arrimer aux textes du parti par l’organisation d’un Congrès qui validerait le candidat du parti;

Je perçois bien tous ces appels qui viennent de différentes régions, de diverses ethnies, de différents corps socioprofessionnels de notre pays. Loin d’être une complainte col‐ lective, ces appels du peuple sonnent et ré‐ sonnent avec insistance. Nul ne saurait de‐ meurer sourd à de tels cris, à une telle mo‐ bilisation, à l’expression d’une volonté aussi soutenue de voir ma modeste personne faire de nouveau acte de candidature à la magis‐ trature suprême.

Mes chers compatriotes,
En 2018, j’aurai passé trente‐six années à la tête de notre cher et grand pays. Trente‐six années de charge passionnante et exaltante. Trente‐six années au cours desquelles j’ai servi pleinement mon peuple, protégé notre constitution, préservé l’unité nationale et sauvegardé l’intégrité de notre pays. Nous sommes sur la bonne voie, et aucune cir‐ constance ne peut, au regard des projets en cours, nous détourner du chemin de cette émergence qui nous tend les bras. Je connais mieux que personne la formidable énergie qui est celle de ce peuple résolu à assumer son propre destin, à résister aux habiles si‐ rènes de la division.

Mes chers compatriotes,
C’est conscient de ces atouts reconnus à la nation forte et indivisible qui est la nôtre que je Renonce à anticiper la prochaine élec‐ tion présidentielle. J’ai déjà eu à le dire : la présidentielle de 2018 est certaine, mais en‐ core lointaine. Et je vous engage une fois de plus à faire chaque chose en son temps.

Terminons sereinement ce mandat des Grandes Réalisations. Et le moment venu, j’aviserai sur mon avenir politique. En at‐ tendant, continuons à travailler durement, pour préserver par la stabilité politique de notre pays les acquis de mes trente‐six années de magistrature suprême. D’ores et déjà, je m’engage résolument auprès de notre peuple à favoriser davantage l’émergence d’une compétition saine entre les can‐ didats des différentes formations politiques dans la perspective des futurs scrutins. Je puis vous assurer que je ne ménagerai aucun effort pour accompagner les institu tions de la République, les partis politiques et l’ensemble du peuple Camerounais dans ce processus qui nous conduira en 2018, an‐ née électorale par excellence pour notre pays.
Vive le Cameroun !

Texte conçu, écrit et proposé à S.E. Paul Biya par la rédaction du journal INTEGARTION
L’appel conçu et écrit par le journal INTEGRATION pour le Président Biya. Un discours en guise de réponse aux appels à candidature.

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