Cameroun: Des besoins humanitaires criants dans les camps de réfugiés

Au nord du Cameroun, plus de 55 000 personnes s'entassent dans le camp de réfugiés de Minawao, conçu pour en accueillir trois fois moins. Manquant cruellement de ressources, les autorités et les organisations internationales se battent quotidiennement pour la survie de ces victimes qui ont fui le groupe islamiste Boko Haram.

«Cette forte concentration de réfugiés amène des problèmes humanitaires importants», affirme René Emmanuel Sadi, ministre camerounais de l'administration territoriale.

Provenant principalement du Nigéria, les réfugiés du camp de Minawao ont fui les violences de Boko Haram. Avec une moyenne de 78 nouveaux réfugiés s'ajoutant au camp chaque jour depuis le début de l'année, la capacité d'accueil a atteint ses limites depuis longtemps.

Pas assez d'eau

L'approvisionnement en eau est le principal défi des autorités responsables de Minawao. Sans eau potable, les risques d'épidémie sont extrêmement élevés et la sécurité à l'intérieur du camp est compromise.

«C'est une zone aride, donc les forages ne fournissent pas la quantité suffisante en eau pour toute la population du camp», explique Hassan Maiyaki, le chef de mission de Médecins sans frontières au Cameroun.

L'automne dernier, les réfugiés recevaient en moyenne six litres d'eau par personne par jour. Selon l'Organisation mondiale de la santé, afin d'éviter d'importantes conséquences sur la santé, chaque personne a besoin de 20 à 50 litres d'eau quotidiennement.

Devant l'augmentation du nombre de réfugiés, les autorités de Minawao ont mobilisé 10 camions-citernes afin de pomper de l'eau dans une source située à 4 km du camp. Depuis, les réfugiés reçoivent en moyenne 14 litres par jour. D'ici quatre mois, un projet de conduite d'eau devrait être complété afin d'approvisionner plus durablement le camp et la région.

Malnutrition sévère

Avec l'insécurité engendrée par le groupe islamiste Boko Haram, les Camerounais peuvent moins cultiver et commercer, ce qui entraîne des problèmes d'accès aux denrées alimentaires.

«Il pourrait y avoir une famine dans la région. Nous avons eu une bonne quantité de pluie, mais quelle que soit l'abondance de l'eau, si les cultivateurs ne peuvent pas travailler, le risque de famine demeure», explique Issa Tchiroma Bakary, ministre des Communications et porte-parole du gouvernement du Cameroun.

De nombreuses récoltes et troupeaux sont également pillés lors des raids de Boko Haram. Les prix de la nourriture augmentent donc énormément, créant de l'insécurité alimentaire.

On estime le déficit céréalier au nord du Cameroun à environ 200 000 tonnes pour 2015. Dans la région, le taux de malnutrition aiguë et sévère est de 2,2 % chez les enfants de moins de cinq ans.

«Le conflit s'est installé dans une zone qui était déjà vulnérable», a déploré M. Maiyaki.

Marie-Christine Trottier

TVA Nouvelles

 
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