Appel à la candidature de Biya : la section de Yaoundé 7 au bord de l'implosion

Des militants qui ne se parlent plus du tout depuis la dernière opération de renouvellement du bureau de leur section ; des tracts qui circulent et qui dénoncent la main mise sur le parti par le clan Tsimi Evouna ; décidément, dans la section Rdpc de Yaoundé l’appel à la candidature de Paul Biya pour 2018 n’arrive pas encore à fédérer tous les militants qui appellent à l’arbitrage de leur président national.

Arrondissement de Yaoundé 7, samedi 27 févier 2016. Il est presque 13h30 minutes lorsque nous arrivons au lieu-dit « Carrefour Tsimi ». Nous sommes à la frontière entre les quartiers Oyomabang et Nkolbisson. C’est le fief et même le domaine de Gilbert Tsimi Evouna. L’ensemble des bâtiments de ce carrefour appartiennent presque tous à l’actuel délégué du gouvernement auprès de Communauté urbaine de Yaoundé. Il s’agit du village de celui que les habitants d’Ongola ont surnommé « Jack Bauer », du nom de cet acteur américain qui démolit tout sur son passage. Son immense concession regroupe entre autres, son domicile dont l’entrée est strictement surveillée par des militaires, avec en contrebas, un immeuble duplex que Gilbert Tsimi Evouna a fait louer comme Hôtel de ville à la mairie de Yaoundé 7. Et si c’était un délit d’initié ?

C’est justement dans la cour qui côtoie les locaux de la mairie de Yaoundé 7 que la section locale du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) a décidé d’organiser ce samedi 27 février 2016, un meeting dite de relance de ses activités. Ledit meeting était prévu pour débuter à 12 heures précises. A notre arrivée, presqu’une heure et demie de temps après, les trois minuscules tentes prévues pour accueillir les militants pour la circonstance sont presque vides. Un fait curieux, pour l’une des plus grandes sections Rdpc du Mfoundi, qui compte deux sous-sections, à savoir la 18è A (Oyomabang avec 24 comités de base) et la 18è B (Nkolbisson pour 28 comités de base), pour un total de près de 35 mille militants si on se réfère aux chiffres avancés lors de la reconstitution du sommier du parti au pouvoir.

Tsimi Evouna dénoncé

L’ambiance en tout cas est morose. Un seul groupe de danse traditionnelle essaye timidement de faire du bruit, alors que quelques militantes vêtues du pagne de l’Ofrdpc, à pas lents, avancent vers les tentes. Nous prenons place. Mais une heure après, pas toujours la foule de militants. Pour tuer le temps nous rallions le lieu dit « 1er Carrefour Nkolbisson ». Ici l’ambiance est plus bruyante que jamais. Les bars et autres commerces autour de ce carrefour sont très animés. Les motos-taxis et les taxis vont et viennent, indifférents à ce qui se passe plus haut. Un homme, la cinquantaine, vêtu du pagne du Rdpc entretient dans un des bars une trentaine de personnes, apparemment tous des militants du parti sans leur uniforme, attire notre attention. Nous allons à sa rencontre.

Après présentations mutuelles, l’homme ne se fait pas prier pour nous faire des confidences. « Ce sont des apprentis-sorciers qui sont là au Carrefour. Nous sommes tous ici du Rdpc. Nous croyons au président Paul Biya dont nous appelons vivement à sa candidature pour la prochaine élection présidentielle. Mais nous sommes contre le clan du délégué Tsimi Evouna qui veut faire main basse sur le parti ici à Yaoundé 7, alors que tout le monde sait ici que son militantisme n’est pas sincère», nous enjoint-il.

Nous apprenons par la suite que l’homme qui s’exprime ainsi s’appelle Atangana et serait le président la 18è sous-section B basée à Nkolbisson. Il continue son propos de manière encore plus véhémente. « Vous avez vu qui à ce meeting qui se tient plus haut là au Carrefour, chez Tsimi Evouna? Il n’y a presque personne. Vous pouvez le vérifier. Les militants ont décidé de ne pas sortir et de dire non à Tsimi Evouna qui a fortement influencé le choix des dirigeants du parti lors des récentes opérations de renouvellements des bureaux des organes de base ici à la section de Yaoundé 7. Ce qui s’est passé n’est pas acceptable.

Tsimi Evouna a mis le président de la commission communale de Yaoundé 7, le Pr Ebana, et le président de la commission départementale du Mfoundi, le Dr James Onobiono dans sa poche. C’est ainsi que ces deux personnalités mandatées par le Comité central ont choisi de disqualifier sans aucun fondement la candidature du maire de Yaoundé 7, Augustin Tamba dont la popularité fait ombrage au délégué Tsimi Evouna. Conséquence, le parti est mort à Yaoundé 7 comme vous pouvez le constater. Nous n’irons pas à leur meeting-là », tranche notre interlocuteur.

Deux clans opposés

En fait, à ce qui apparaît, depuis la fin des opérations de renouvellement des bureaux des organes de base à la section Rdpc de Yaoundé 7, l’atmosphère est implosive comme en témoignent les tracts qui circulent avec des messages dénonciateurs : « Oui à la candidature du Président Paul Biya ! Non au gangstérisme politique au Rdpc à Yaoundé 7 ! ». Mais aussi : « James Onobiono et Professeur Ebana responsables de la mort du Rdpc à Yaoundé 7 ! » Et enfin : « Monsieur le président national, sauvez le parti à Yaoundé 7. Les imposteurs l’ont brisé ! Vive Paul Biya, Notre candidat ! »

Vers 15h, nous sommes de retour au lieu du meeting, précisément à quelques pas de la mairie de Yaoundé 7. Les tentes ont toujours de la peine à se remplir. Le maire de Yaoundé 7, Augustin Tamba que nous cherchons des yeux est introuvable. On nous apprendra par la suite, qu’il se serait déplacé pour assister à des obsèques d’une proche connaissance quelque part dans la région de l’Ouest. Nous apercevons néanmoins l’honorable Jean-Simon Ongola, ancien maire et aujourd’hui député Rdpc de Yaoundé 7, que nous abordons aussitôt.

© Le Messager : Jean Fran�ois CHANNON

 

 

 

 
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