282 millions USD de besoins humanitaires dus à Boko Haram et à la crise centrafricaine en 2016

Un montant de 282 millions de dollars sera nécessaire pour couvrir en 2016 les besoins engendrés par la crise sécuritaire et humanitaire due aux activités terroristes de Boko Haram dans les régions du Nord et les incursions des groupes armés centrafricains à l'Est du Cameroun, a rapporté lundi à Yaoundé les Nations Unies.

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Depuis 2013, le gouvernement camerounais et ses partenaires se sont mobilisés et ont élaboré trois plans de réponse humanitaire pour chaque année pour apporter une réponse adéquate aux besoins des personnes les plus vulnérables, a souligné Najat Rochdi, coordonnatrice-résidente du système des Nations Unies au Cameroun.

"En 2016, a-t-elle indiqué, sur une population estimée à 22,2 millions, 2,7 millions de personnes sont dans le besoin et le Plan de réponse humanitaire cible 1,1 million de personnes dans les quatre régions que sont l'Est, l'Adamaoua, le Nord et l'Extrême-Nord".

Cette population cible comprend notamment les personnes déplacés internes et retournés, les réfugiés, les communautés d'accueil, y compris les populations camerounaises à l'insécurité alimentaire, à la malnutrition et aux épidémies.

C'est un plan faisant partie d'une stratégie régionale pour le Sahel, qui couvre neuf pays dont le Cameroun sur une période initiale de trois ans, en attendant les nouvelles orientations escomptées du Forum humanitaire mondial prévu cette année en Turquie, précise l'organisation mondiale.

En 2015, une somme de 163 millions de dollars été mobilisée sur un montant total de 264 millions planifiés, soit un taux de couverture de 48&#x, ;révèle-t-on.

"Pour 2016, sur les 282 millions de dollars US requis pour l'ensemble des 107 projets, 8,5 millions de dollars US ont été déjà mobilisés avant le lancement du Plan de réponse", a annoncé Najat Rochdi, lors de la réunion tenue lundi à Yaoundé en présence du ministre camerounais de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, René Sadi.

De ce budget, 176 millions de dollars sont prévus d'être alloués pour la réponse aux réfugiés, estimés à près de 250.000 Centrafricains dont un pic d'environ 150.000 depuis janvier 2014 vivant pour 48 ans les sites et 52&#x h;ors sites, et quelque 70.000 Nigérians en plus de 15.000 hors sites.

Les déplacés internes dus aux violences commises par Boko Haram dans la région de l'Extrême-Nord, eux, sont estimés à environ 124.000.

Selon les estimations officielles du gouvernement, ces violences ont causé un déficit de 132.000 tonnes de céréales, soit un manque à gagner de 30 milliards de francs CFA (60 millions de dollars).

En réaction à cette crise, les autorités camerounaises ont élaboré une stratégie de mobilisation par tranches progressives des stocks alimentaires d'une valeur de 10 milliards de francs (20 millions de dollars).

Sur 2,4 millions de personnes déclarées en situation d'insécurité alimentaire dans ce pays d'Afrique centrale, la région de l'Extrême-Nord concentre 55 e tous les besoins humanitaires, soit près de 1,5 million de personnes, d'après les estimations.

Dans cette région, informe-t-on en outre, 2,2 'enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère, dépassant ainsi le seuil d'urgence de 2&#x.<;/p>

Pour la coordonnatrice-résidente du système des Nations Unies au Cameroun, "si une réponse n'est pas apportée aux besoins identifiés dès les six premiers mois de l'année, il y a de sérieux risques que la situation se détériore avec l'augmentation des cas de vulnérabilité dans la plupart des secteurs et de ce fait, de compromettre la vie de plus de 500.000 personnes".

"La montée des besoins humanitaires au Cameroun est le symptôme le plus visible des effets combinés de l'insécurité croissante, du changement climatique et de la pauvreté extrême qui affectent la région", a pour sa part souligné Toby Lanzer, sous-secrétaire général des Nations Unies et coordonnateur humanitaire régional pour le Sahel, présent à la réunion.

Cette présence est justifiée par le lancement concomitant du Plan de réponse humanitaire 2016 pour le Cameroun et des plans d'intervention régionaux pour les réfugiés nigérians et centrafricains pour la même année.

Ces deux plans régionaux visent à mobiliser 346 millions de dollars pour plus de 476.000 réfugiés centrafricains et plus de 289.000 personnes parmi les populations hôtes au Cameroun, au Tchad, au Congo et en République démocratique du Congo (RDC).

Un montant de 200 millions de dollars est aussi requis pour 230.000 réfugiés nigérians et près de 285.000 personnes vulnérables parmi les populations hôtes au Cameroun, au Niger et au Tchad.

Pour Liz Ahua, coordonnatrice régionale du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en République centrafricaine (RCA) et au Nigeria, également en visite à Yaoundé, "il s'agit d'une part de subvenir aux besoins des réfugiés vulnérables, et d'autre part, de promouvoir leur autosuffisance".

"Nous ne pouvons atteindre cet objectif, a plaidé la responsable onusienne, sans la collaboration étroite entre les pays d'asile : le Cameroun, le Niger, la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Tchad, et les partenaires humanitaires et au développement".

La présentation de ces besoins intervient dans un contexte de multiplication des attentats kamikazes de Boko Haram, mode opératoire privilégié aujourd'hui par le groupe armé après les attaques massives à l'arme lourde contrées par une coalition militaire formée du Nigeria, du Cameroun, du Tchad et du Niger.

Lundi par exemple, environ 32 personnes ont été tuées et 86 autres blessées dans quatre attentats survenus dans un marché de la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, selon un bilan officiel provisoire.

© Source : Xinhua

 
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